Recherche. Élévation. Curiosité. Audace. Vision. Projection dans l'avenir. Effort collectif. Cohésion au service de la musique. Immersion multimédia. Émotion.Voilà qui résume une fois de plus la grande expérience Radiohead, qui demeure un phare de création sur la planète rock.

Alain Brunet LA PRESSE

Vendredi soir, 15 500 fans de la formation anglaise étaient au rendez-vous au Centre Bell, quatre ans après la rencontre sous les étoiles et les feux d'artifice au parc Jean-Drapeau. Une douzaine de panneaux-écrans ont flotté au-dessus de la scène. Une muraille d'écrans LED fut érigée derrière les musiciens. Autour de Radiohead, on a de nouveau aménagé un superbe environnement d'éclairages et de projections dernier cri. Toujours d'un grand raffinement, toujours à la fine pointe de la scénographie rock.

«Nice to see you», a résumé le chanteur Thom Yorke après nous avoir fait passer de l'aérien au terrestre, c'est-à-dire de Bloom à There There.  La chanson titre de l'album Kid A illuminera ensuite les fans, puis le supergroupe s'éclatera dans les rythmes savants, vraiment pas binaires, mesures composées de Morning Mr Magpie et The Gloaming. Les prolongements instrumentaux y seront remarquables. Inutile d'ajouter que ces propositions ont peu en commun avec celles des formations rock qui remplissent généralement le temple de la Sainte-Flanelle, c'est le moins qu'on puisse dire!

Separator, la suivante, menait aussi à croire que la transposition de l'esthétique électronique du dernier album (The King of Limbs) a beaucoup évolué sur scène au cours des derniers mois - enfin, si on réfère aux bémols des critiques formulées au début de la tournée. Vendredi, ent tout cas, on avait plutôt droit à un juste équilibre entre culture rock et exploration instrumentale.  Entre chanson et musique de création.Et, surtout, à un répertoire parfaitement maîtrisé. Et dont ses protagoniste trouvent encore moyen d'enrichir après tant d'années de service, phénomène extrêmement rare dans ce monde rock  où l'on s'essouffle généralement après deux ou trois albums.

En témoignait également Staircase, riche et exigeante, qui précédait l'incandescente Pyramid Song. On s'est dit alors que la jazzification de cette pièce (observée maintes fois au cours des dernières années) était on ne peut plus justifiée. Autre illustration de l'esprit de recherche qui anime ce groupe d'exception, on a observé un montage sonore tiré des ondes locales afin de personnaliser l'interprétation de Climbing Up The Walls.

Nude, la plus simple et la plus poignante au programme, a soulevé la foule qui s'est ensuite laissée entraîner dans la reprise des hostilités. Sous des éclairages orangés et un plafond bas d'écrans amovibles, Radiohead nous a servi de bonnes baffes avec une version très vitaminée de Lotus Flower. Et bouleversé l'auditoire en entonnant Paranoid Android, une de ses incontournables et l'une des plus guitaristiques au menu.

Feral aura tôt fait de nous ramener dans les équations futuristes de la formation, sorte de jazz-rock progressif mâtiné d'électro. Avant que l'on passe à Idioteque et deux longs cycles de rappels coiffés par la profonde Everything in Its Right Place, les guitares de Jonny Greenwwod et Ed O'Brien reviendront à la charge avec Little By Little, sans qu'on puisse conclure à de grandes performances individuelles.

Il faut rappeler qu'on n'assiste pas à un spectacle de Radiohead pour la gestuelle quasi autiste de Thom Yorke et le jeu appliqué de ses collègues. La rencontre est d'un autre type...

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Radiohead au Centre Bell : le programme de vendredi

Bloom (The King of Limbs)

There There (Hail to the Thief)

Kid A (Kid A)

Morning Mr. Magpie (The King of Limbs)

The Gloaming (Hail to the thief)

Separator (The King of Limbs)

I Might Be Wrong  (Amnesiac)

Staircase (nouvelle)

Pyramid Song (Amnesiac)

Climbing Up the Walls

Nude (In Rainbows)

Lotus Flower (The King of Limbs)

Paranoid Android (OK Computer)

Feral (The King of Limbs)

Little by Little (The King of Limbs)

Idioteque (Kid A)



Rappels



How to Disappear Completely (Kid A)

The Daily Mail (nouvelle)

Myxomatosis (Hail to the Thief)

Reckoner (In Rainbows)

All I Need (In Rainbows)

Street Spirit (Fade Out) (The Bends)

Everything In Its Right Place (Kid A)

À Montréal, donc, Radiohead aura misé sur une variété de propositons neuves et de classique triés sur le volet.

De l'album The King of Limbs : Bloom, Morning Mr. Magpie, Separator, Lotus Flower, Feral, Little by Little.

D'une production récente : Staircase, The Daily Mail.

De l'opus Kid A : Idioteque, The National Anthem, How to Disappear Completely, Everything in it's right place.

De l'album In Rainbows : Nude, Reckoner, All I Need.

De Hail To The Thief : There There, The Gloaming, Myxomatosis

De l'opus Amnesiac : I Might Be Wrong, Pyramid Song.

Du classique OK Computer : Paranoid Android,  Climbing Up the Walls.

De The Bends : Street Spirit (Fade Out)