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S'inspirer pour mieux créer

La formation torontoise Metric, de gauche à droite:... (Photo fournie par Beat Market)

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La formation torontoise Metric, de gauche à droite: Joules Scott-Key, James «Jimmy» Shaw, Emily Haines et Josh Winstead.

Photo fournie par Beat Market

S'il y a un disque que les amateurs de rock indépendant attendaient en 2009, c'est bien le quatrième album de Metric. Fantasies sort enfin mardi. Et par la grande porte, pouvons-nous annoncer après l'avoir écouté. Entrevue avec la chanteuse de Metric, la belle Emily Haines.

La tournée, ce n'est pas inspirant pour écrire un nouvel album. Pendant trois ans, les membres de Metric ont vécu dans leurs valises, après la sortie de leurs albums Old World Underground, Where Are You Now?, en 2003, et de Live It Out, en 2005.

«Tu as un rêve et c'est merveilleux parce qu'il se réalise, dit Emily Haines. Mais à un moment donné, tu perds ton équilibre parce que tu n'as plus de rêve. Et plus de temps. Les chambres d'hôtel, les autocars de tournée et l'attente dans les aéroports, ça ne fait pas un très bon disque.»

Après la tournée de Live It Out, les membres de Metric se sont consacrés à divers projets personnels. De son côté, la chanteuse Emily Haines a sorti un album solo intitulé Knives Don't Have Your Back, composé de ballades piano/voix poignantes et tristes. En mars 2008, en plein spectacle, elle a craqué: la chanteuse n'en pouvait plus d'exprimer du chagrin sur scène.

«Le but de ma vie, c'est d'être une artiste et d'exprimer cette vie. Tu observes la société, tu y participes, tu écris à propos de ça et tu passes au travers. Je me suis dit: je ne veux pas jouer une fille triste, seule au piano, pour le reste de ma vie, explique-t-elle. Je n'aime pas quand la vision de ma vie devient un tunnel et que la seule qui compte, c'est moi.»

Haines a alors voulu s'évader seule dans un monde qui lui est étranger. Destination: Buenos Aires, en Argentine. «Je voulais me reconnecter avec le vaste monde et le fait qu'il y a plein de choses à voir, à expérimenter, et tant de gens qui ne vivent pas au rythme du circuit rock, de ce qui est cool ou non.»

Plus rock qu'électro

Entre-temps, Haines et ses comparses de Metric avaient également amorcé l'écriture de Fantasies dans un studio situé au nord de Seattle, une sorte de ferme au milieu des bois qui permettait au groupe d'être «en retrait de la civilisation». Le groupe a également travaillé à Toronto, au studio Giant, nouvellement construit par Jimmy Shaw, le guitariste et cofondateur de Metric.

«Nous avons passé beaucoup de temps à écrire dans des endroits inhabituels, souligne Emily Haines. Nous avons écrit l'album par chapitres.»

Si les trois ans et demi qui séparent Live It Out de Fantasies ont pu paraître longs pour les fans, cette période était normale pour les membres de Metric, qui n'ont jamais arrêté entre les deux, sauf pour prendre le temps de s'inspirer.

L'attente en valait la peine. Metric propose des nouvelles chansons plus rock qu'électro, plus lourdes que dansantes, aux mélodies puissantes et aux arrangements riches. On dirait que Metric a trouvé le juste mélange entre souci esthétique, aplomb rock et plaisir pop, tout en demeurant émotif et même plus introspectif.

«Nous voulions de la simplicité dans l'écriture, mais plus d'expérimentation dans le son», souligne Emily Haines, qui rappelle le fait que Metric a écrit ses chansons dans le bois, pour ensuite les fignoler en ville. Sur son site, Metric propose par ailleurs des versions acoustiques de ses deux premiers extraits, Help I'm Alive et Gimme Sympathy. «Il faut que nos chansons passent le test du feu de camp, explique Haines. Il faut qu'elles puissent se jouer à la guitare ou piano/voix. La complexité est dans l'émotion, le rendu et dans l'interprétation, mais pas dans la structure.»

C'est peut-être pourquoi les chansons de Metric sont si accrocheuses. Et pourquoi Fantasies pourrait élargir le public du groupe torontois. Car si Metric est un pilier de la scène indie rock, ses chansons ont également le potentiel de plaire aux radios commerciales.

«Pour nous, être indie rock, ça ne veut pas dire que peu de gens nous aiment, commente Emily Haines. Cela veut dire que nous sommes totalement indépendants. Nous prenons nos décisions à tous les jours avec notre propre éthique. Nous ne travaillons pas avec des gens qui travailleraient pour des raisons différentes des nôtres.»

«Le succès pour nous, c'est que plus de gens nous écoutent, poursuit la chanteuse. Nous ne sommes pas obsédés par ça, mais pourquoi pas. Mais il faut un équilibre avec notre vie. Ce n'est pas le succès à tout prix.»

Metric gère par ailleurs la distribution internationale de Fantasies. Haines avoue néanmoins qu'elle ne s'attendait pas à ce que le premier extrait, Help I'm Alive, connaisse autant de succès sur iTunes.

«Il faut rester sains. Se rappeler que le but, c'est de faire de la musique, pas de dominer le monde», conclut Emily Haines.

Fantasies sortira mardi prochain sur l'étiquette Last Gang Records. L'album est déjà disponible en ligne sur iTunes. Metric sera aussi de passage à la boutique Apple de Montréal le jeudi 16 avril, à 20h. Premiers arrivés, premiers servis.

 




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