Céline Dion chante de l'opéra pour Kent Nagano

Céline Dion a chanté pour Kent Nagano à Berlin, en juin. «On voulait voir si Céline est capable de chanter de l'opéra, explique René Angélil. Si elle doit faire le film sur Maria Callas (avec la productrice Denise Robert), il faut qu'elle y chante, sinon ça ne sera pas intéressant. Après l'avoir écoutée, Kent Nagano lui a suggéré deux choses: des leçons de chant et une classe de maître avec une grande chanteuse d'opéra (la soprano italienne Renata Scotto).»

Ce jour-là, Céline Dion était accompagnée au piano par Massimiliano Murrali, chef de chant de l'Opéra de Munich. Même si elle a vraiment envie de chanter de l'opéra, elle aurait voulu être mieux préparée plutôt que de passer cette «audition» entre deux spectacles européens de sa tournée Taking Chances.

«Je ne peux pas passer comme si de rien n'était de ma tournée à l'opéra pour Kent Nagano, a raconté Céline Dion à La Presse récemment. Moi, sans prétention, je peux tout faire, mais il faut que je me prépare. Nagano m'a demandé si je connaissais tel ou tel opéra, si je lisais la musique. Par trois fois, j'ai répondu non; ça partait mal, mon affaire! Mais il m'a tout de suite mis à l'aise en me disant que Pavarotti, je pense, ne lisait pas la musique lui non plus.

Finalement, je lui ai chanté deux extraits de Carmen de Bizet que je connaissais. (NDLR : Céline Dion a déjà chanté Carmen avec un orchestre dirigé par Gilles Ouellet au Festival d'été de Québec, place d'Youville, en 1989). Je lui ai dit que j'étais mezzo-soprano. Il m'a répondu: 'Je ne pense pas. Tout ce que vous venez de chanter, c'est soprano'.»

Un rêve de longue date

Les projets de collaboration entre Céline Dion et le chef de l'OSM ne sont pas nouveaux. Kent Nagano avait exprimé le désir de «faire quelque chose avec Céline Dion» avant même d'être nommé directeur musical de l'OSM. «En 2004, j'ai écrit à René en pour lui dire qu'on allait annoncer très bientôt l'identité de notre nouveau directeur musical, un gars fantastique, et qu'il ne m'avait demandé qu'une chose : travailler avec Céline Dion, raconte Madeleine Careau, chef de la direction de l'OSM. René sait que c'est sincère parce qu'on lui a écrit avant même d'annoncer la nomination de Nagano.»

Le maestro a rencontré Céline Dion et René Angélil il y a un an, lors du spectacle du 100e anniversaire de l'hôpital Sainte-Justine au Centre Bell. Ils se sont revus en décembre dernier à Las Vegas, où des idées de collaboration ont été lancées, l'une venant de Nagano, l'autre du clan Dion-Angélil. Ces projets sont indépendants du film sur la Callas. Si Kent Nagano les a revus à Berlin, c'est par courtoisie.

Sur la nature de ces projets communs, tout le monde se fait très discret. «Si c'est un concert, je ne suis pas une chanteuse d'opéra, et je veux le faire comme il le faut», nous a dit Céline Dion. «On a parlé de disque, on a lancé des idées», mentionne pour sa part Angélil. Du côté de l'OSM, Madeleine Careau parlait l'hiver dernier d'un spectacle, d'un disque, ou d'un mélange des deux. Chose certaine, il n'y a pas d'échéancier précis.

«On lance parfois des projets à partir d'objectifs clairs et précis, explique Kent Nagano. Mais il arrive aussi que ces projets soient le résultat de séances de brainstorming faites dans le respect mutuel. Je dois dire que nos séances de brainstorming avec eux ont été pas mal plus débridées (wild) que ce à quoi je m'attendais!»

Vraiment une musicienne

Nagano a assisté au spectacle de Céline Dion au Centre Bell mercredi dernier, en compagnie de Jean-Pierre Brossman, ex-directeur du Théâtre du Châtelet à Paris et de l'Opéra de Lyon. «Nous avons tous les deux été impressionnés par sa performance et par le fait qu'elle est vraiment une musicienne qui a l'oreille juste ainsi qu'un raffinement et un degré de perfection qui font l'envie», nous a dit le maestro le lendemain.

Pour Nagano, Céline Dion est une grande artiste, un terme qui, insiste-t-il, ne s'applique pas uniquement à la musique classique ou à la peinture. «Un homme d'affaires peut être un artiste s'il a une créativité hors normes, dit-il. Dans le genre de musique que Céline Dion a choisi, j'estime qu'elle est au sommet de son art. Elle se lance constamment des défis personnels pour évoluer comme artiste, elle n'a jamais perdu cette curiosité qui la motive à faire de plus en plus de découvertes. Sinon, impossible d'avoir une longue carrière, on devient rapidement dépassé, surtout en musique pop. Jusqu'à maintenant, l'évolution de Céline Dion est incroyable et rien ne lui semble impossible.»




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