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Le rédacteur en chef du De Morgen condamné pour un éditorial «fautif»

Agence France-Presse
Bruxelles

Le rédacteur en chef du journal belge De Morgen a été condamné pour avoir émis une opinion «fautive» dans un éditorial consacré à une guerre de juges à Anvers, a rapporté mercredi le quotidien flamand, qui dénonce une atteinte à la liberté de la presse.

Début 2012, Anvers fut le théâtre de fortes tensions entre magistrats dans un dossier concernant une gigantesque fraude fiscale présumée dans le secteur diamantaire, essentiel pour l'économie de la ville.

D'un côté, le magistrat chargé de l'enquête au parquet, Peter Van Calster, souhaitait traduire en justice des diamantaires soupçonnés d'avoir éludé quelque 300 millions d'euros d'impôts. De l'autre, son supérieur, le procureur général Yves Liégeois, exerçait d'intenses pressions sur son subordonné pour qu'il opte pour la voie d'une «transaction» entre les diamantaires et le fisc.

En pleine tempête médiatique, le rédacteur en chef du journal de centre-gauche De Morgen, Yves Desmet, avait estimé, dans un texte publié dans la rubrique «Opinion», que le procureur général montrait plus de zèle à poursuivre les petits travailleurs au noir que les criminels en cols blancs.

Il relevait également que plusieurs magistrats anversois venaient d'effectuer une visite de courtoisie auprès d'éminents membres de la communauté indienne, très présente dans le secteur du diamant.

«On pourrait parler d'une apparente partialité. Ou, si le mot n'était pas si désuet, d'une pure justice de classe», concluait l'éditorialiste, très connu en Flandre.

Bien que non-citée, l'épouse du procureur général, elle-même magistrate à Anvers, avait estimé l'honneur de sa famille bafoué et réclamé en justice 19 000 euros de dommages et intérêts à Yves Desmet.

Le tribunal civil de Malines a jugé mardi que la «suggestion d'une apparente partialité et l'utilisation du terme «justice de classe» se fondaient sur une perception personnelle» du journaliste.

Le juge en a conclu que ces affirmations étaient «fautives du point de vue de l'information objective» et condamné l'éditorialiste à verser un euro symbolique à l'épouse du procureur général.

«Ce jugement doit être totalement réformé, sinon autant cesser immédiatement de publier des éditoriaux», a commenté le président de la fédération des journalistes flamands VVJ, Pol Deltour. Yves Desmet estime quant à lui que la «liberté d'expression» a été ignorée par le tribunal.




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