Couronne de fourrure blanche sur la caboche, bardée de bijoux et de tatouages, de noir vêtue, guitare argentée, Nai Palm est une redoutable bête des planches. Elle commence jazzy groove en entonnant Shaolin Monk Motherfunk sur un accompagnement top niveau.

Mis à jour le 31 juill. 2016
Alain Brunet LA PRESSE

Au bout de quelques minutes à peine, le constat est clair : quel band !

En ce samedi ensoleillé, les conditions de sonorisation n'étaient pas idéales sur la scène des Arbres, mais il y avait bien assez de quoi se farcir les oreilles pour repérer tous les ingrédients de cette bouillabaisse mijotée en Océanie.

Hiatus Kaiyote nous fait grimper dans l'arbre du groove. On y repère Stevie Wonder, Aretha Franklin, George Duke, Prince, Fishbone, Red Hot Chili Peppers, Outkast, Erykah Badu, The Roots, Thundercat, Flying Lotus, Terrace Martin, Taylor McFerrin... mais aussi le space rock de Soft Machine ou même certains éléments punk hardcore !

Les racines de ce groupe pourtant australien sont profondes. Et le résultat est tout simplement unique. La voix et la prestance de la soliste sont nettement au-dessus de la moyenne. Idem pour l'éventail harmonique des claviers et de la guitare, et idem derechef et plus encore pour la section rythmique.

Idéalement, Hiatus Kaiyote devrait être présenté dans des contextes où se trouvent les amateurs les plus exigeants, qui apprécieront un long concert plutôt qu'une trempette de 50 minutes. Au Festival international de jazz de Montréal l'an prochain ?