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Admiral T: superstar créole

Admiral T est un authentique phénomène de culture... (Photo: fournie par le Festival Nuits d'Afrique)

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Admiral T est un authentique phénomène de culture populaire, issu de Boissard, quartier pauvre de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

Photo: fournie par le Festival Nuits d'Afrique

À travers la francophonie européenne, dans la Caraïbe et dans plusieurs pays où les populations noires sont prééminentes, Admiral T peut être considéré comme le plus important phénomène créole de masse depuis l'émergence de Kassav dans les années 80. Encore peu connu des Montréalais (sauf bien sûr chez les communautés antillaises et africaines), l'artiste vient allumer son étoile au-dessus de notre île.

Plus ou moins incognito, il y est passé en 2012, s'est produit sans que son passage soit médiatisé. Sa venue aux Nuits d'Afrique risque de lui ouvrir des portes beaucoup plus grandes.

Admiral T est un authentique phénomène de culture populaire, issu de Boissard, quartier pauvre de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

«Je m'appelle Christy Campbell, je dois ce nom anglais à mon grand-père américain. Il s'était installé à la Dominique, y avait connu ma grand-mère. Mon père est venu ensuite en Guadeloupe où j'ai grandi. Nous étions dix frères et soeurs, ce n'était pas facile dans le ghetto de Boissard. Mais je suis devenu ce que je suis grâce à l'éducation très stricte de mes parents. Ces valeurs ont agi sur ma musique, m'ont incité à mettre de l'avant ma propre culture», raconte le chanteur et rapper dancehall, joint à son appartement parisien.

«Dans mon quartier, poursuit-il, on écoutait pas mal de musique hip-hop américaine, africaine, caribéenne. Mais c'est le reggae qui m'a d'abord parlé. Ça abordait les thèmes du ghetto, de la misère, aussi de ma réalité. Dans la Caraïbe, il faut dire que le reggae rejoint tout le monde depuis longtemps. Mes parents écoutaient également Bob Marley.»

Musique salvatrice

Très motivé à s'en sortir, le garçon s'était rapidement mis à l'oeuvre. Christy Campbell allait devenir Admiral T.

«Par la musique, je voulais redorer l'image de mon quartier. Au début des années 90, on m'a découvert à travers les sound systems inspirés de la culture reggae, alors en pleine expansion en Guadeloupe. Il y avait alors beaucoup de sound systems qui permettaient aux jeunes artistes de tester leurs chansons devant public. Il y en a moins depuis l'arrivée des médias sociaux, des studios maison et des logiciels de mixage.»

À peine adolescent, Admiral T avait commencé par imitation: d'abord reggae/dancehall et... de plus en plus créole.

«J'ai voulu apporter ma pierre à l'édifice. Assez jeune, j'avais eu l'occasion de donner un spectacle en Jamaïque et j'avais vite constaté que les gens là-bas étaient touchés par les apports de ma culture guadeloupéenne: ma langue créole, l'utilisation du ka [tambour typique de Guadeloupe], une technique de chant inspirée du style gwoka. Je me suis alors rendu compte que cette spécificité touchait les gens. J'étais sur la bonne voie. Pourquoi, au fait, me serais-je privé de ces atouts culturels? Notre musique guadeloupéenne est riche, je l'ai mélangée au reggae afin d'en faire quelque chose d'original. Ça s'est fait de manière naturelle.»

«De manière naturelle», Admiral T est devenu une des rares superstars issues de la «créolophonie». Ses dancehalls à saveur électro sont tout simplement dévastateurs! En France, l'artiste peut compter sur un vaste marché (plus de 1 million d'Antillais y vivent) et jouit d'une réputation de star dans plusieurs pays sur cette petite planète.

«Puisque je construis ma carrière depuis une vingtaine d'années, précise-t-il en outre, mon public est très mélangé, bien au-delà de sa base créole. Hors de la France et de ses territoires, je tourne en Afrique, en Europe, dans toute la Caraïbe. Dans tous les pays noirs où je me produis, ça fonctionne. Pourquoi? Parce que ma musique est sincère. Je chante avec mon coeur, je lâche de vraies vibrations. Et le truc primordial, c'est la scène. Que tu comprennes ou non le créole, tu peux juger si un artiste créole est valable lorsqu'il est devant toi.»

Pied-à-terre à Paris, domicile principal en Guadeloupe, notre interviewé tient à ses racines et sa culture pour s'en inspirer au quotidien. «Je reste surtout là-bas avec ma femme et mes trois enfants, qui sont inscrits à l'école. C'est important que mes enfants puissent vivre la culture guadeloupéenne avant d'aller voir le monde.»

Nouvel album

Admiral T compte quatre albums lancés depuis 2003. Prévu pour novembre, le prochain s'annonce différent.

«I Am Christy Campbell va surprendre, croit son concepteur, car il est plus mélodieux, plus axé sur le chant. Ayant monté ma propre boîte de production, j'ai fait exactement ce que je voulais, sans considération de format ou de diffusion médiatique. Plus variété? J'ai toujours chanté ainsi! J'ai plusieurs cordes à mon arc et j'estime m'adresser à un public de 7 à 77 ans. C'est, je crois, ce qui fait ma force. Depuis longtemps, je propose une variété de dancehall antillais, de pur dancehall, de pur reggae, de konpa-zouk, de style troubadour haïtien et plus encore. Cette fois, j'ai voulu mettre de l'avant mon talent de chanteur.»

À notre tour de goûter à la médecine de l'Admiral.

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Dans le cadre des Nuits d'Afrique, Admiral T se produit samedi, 21h, au National, précédé de DJ Joww.




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