Ce qu'ils ont dû regarder les cieux, prier et s'improviser météorologues, les membres de Misteur Valaire, hier.

Émilie Côté LA PRESSE

Pour un jeune groupe québécois, se produire sur la place des Festivals dans le cadre du grand événement du Festival de jazz est une chance unique et un tournant dans une carrière. Quand on pense qu'un facteur aussi imprévisible que la météo peut venir gâcher tout cela, il y a de quoi stresser à propos de quelque chose qui est indépendant de notre volonté.

Il y avait un grand engouement pour le spectacle de Misteur Valaire. À 21h30, devant la scène principale, une foule immense et dense s'éloignait jusqu'à la rue Sainte-Catherine.

Il y avait une fébrilité dans l'air et des parents sherbrookois fiers dans les gradins.

«On a, en arrière, cinq petits gars qui sont un peu nerveux, a lancé le programmateur Laurent Saulnier. Il fait beau et il fait juste commencer à faire chaud.»

Misteur Valaire a lancé le bal avec la chanson Gumshoe pendant laquelle Béni BBQ a bondi sur scène. Après des danseuses yé-yé qui ont dansé sur Lillehammer, Luis s'est adressé à la foule avec une grande aisance. «On annonçait des orages électriques, mais je pense qu'on parlait du grand événement», a-t-il lancé.

Le spectacle de Misteur Valaire était un véritable happening, avec tous les amis et collaborateurs de l'album Golden Bombay. À commencer par James Di Salvio et Liquid de Bran Van 3000 pour Ave Mucho. Il fallait voir les yeux brillants de Di Salvio regardant la marée humaine devant lui. «Wow, ça fait du bien!»

Fanny Bloom était superbe avec son look disco pour November Number 3, elle qui retrouvait ses ex-membres de La patère rose.

Misteur Valaire avait demandé à Brigitte Poupart de bonifier sa mise en scène du spectacle. C'était à la hauteur d'un grand spectacle extérieur. Les milliers et milliers de spectateurs entassés sur la place des Festivals en ont eu plein la vue.

Les gars de Misteur Valaire portaient leur traditionnel costume de scène blanc kitsch, assorti à l'escalier blanc qui leur permettait de bouger et de sauter d'une chorégraphie à l'autre.

Au moment de mettre sous presse, une forte averse de seulement quelques minutes venait de cesser. Jules, France, To, Luis et DRouin dansaient avec une troupe bulgare. Joyeusement délirant... et magique.

Nous étions assis à côté des parents de Julien Harbec. La fierté les habitait hier soir... «C'est une charge émotive incroyable, nous a dit son père, Pierre. On les voit jouer depuis le secondaire. C'est un aboutissement incroyable.»

Leur fille Florence était aussi sur scène au trombone dans la section de cuivres additionnelle qui accompagnait Misteur Valaire.

«Ils sont beaux, cela n'a pas de bon sens», s'est exclamée leur mère, Christine, en dansant.

Que dire de plus?

»C'est le show de leur vie», lisez le texte de Pierre-André Normandin en page 6.