Le Festival de jazz de Montreux s'est défendu mercredi d'avoir voulu monter un coup médiatique, comme l'en accuse l'avocat des parents du petit Grégory Villemin, assassiné en 1994 et dont la photo a été reproduise par erreur dans une publicité du journal du festival.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les parents de Grégory Villemin ont annoncé leur intention de porter plainte, car ils ne croient pas à l'excuse de l'erreur commise par un débutant.

«Nous sommes en communication avec l'avocat des parents de Grégory», a indiqué au journal 20 Minutes le porte-parole du festival, en ajoutant qu'il était en train de rédiger des excuses formelles à l'intention de la famille Villemin.

Le porte-parole a aussi voulu démentir fermement les accusations de buzz volontaire, comme l'a indiqué l'avocat de la famille. «Nous n'avons évidemment absolument pas voulu faire de coup médiatique. Nous n'aurions aucun intérêt à cela puisque l'impact est totalement négatif», a indiqué le porte-parole cité par 20 Minutes.

L'affaire a éclaté après la découverte d'un internaute de la photo du petit Grégory en arrière-plan d'une publicité dans le journal du festival, le Montreux Jazz Chronicle, pour une garderie d'enfants mise à disposition des visiteurs du festival, qui réunit chaque année des milliers de fans de jazz sur les rives du lac Léman pendant 15 jours en juillet.

Dès que la gaffe a été découverte, l'édition numérique du journal a été modifiée, et les exemplaires papier du journal, qui tire entre 2000 et 3000 exemplaires, ont été retirés.

Mardi, le porte-parole du Festival avait confirmé des «cette regrettable erreur» et présenté ses excuses aux parents.

Il avait indiqué qu'il y avait eu une double erreur expliquant cette bourde. La mise en page du journal est confiée à de jeunes graphistes, en formation. C'est l'un d'eux, qui cherchait une illustration pour la publicité, qui a téléchargé la photo du petit Grégory, sans savoir qui il était, après avoir tapé «enfant» sur Google Images.

La deuxième erreur, a indiqué le porte-parole, est à mettre sur le compte de la direction du journal, qui n'a pas reconnu l'enfant sur l'illustration, car l'image était légèrement floue.

Les parents de Grégory ne croient pas à l'excuse de l'erreur commise par un débutant et souhaitent porter plainte contre le Festival de jazz de Montreux.

«Cet argument de l'erreur commise par un jeune débutant est pitoyable. Et nous entendons agir en justice pour obtenir réparation du préjudice qui a été causé», a déclaré mercredi leur avocat Me Thierry Moser sur la chaîne de télévision France 3 Lorraine.

«Je pensais hier avec un peu de naïveté que peut-être il y aurait de la bonne foi de la part des organisateurs du festival, mais nous ne le croyons plus», a-t-il ajouté.

«La faute est absolument inexcusable et nous pensons même à un coup médiatique organisé par le Festival (...). Nous ne discernons aucune excuse qui soit admissible», a poursuivi l'avocat.

L'assassinat du petit Grégory est l'une des plus retentissantes affaires judiciaires françaises des 30 dernières années, qui n'a jamais été résolue. Le corps du petit garçon, âgé de 4 ans, avait été retrouvé en octobre 1984 dans une rivière des Vosges, les mains et les jambes liées, à 7 kilomètres du domicile de ses parents.

Le meurtrier, qui avait envoyé des lettres anonymes aux parents, n'a jamais été découvert.