Malgré l'absence de son neveu Sky Blu, contraint au repos pour cause de maux de dos, le bouffon de la pop Red Foo, l'autre moitié du groupe américain LMFAO, a réussi à égayer la foule de 7 à 77 ans massée samedi soir dans ce Centre de la nature nouvellement investi par le Mondial de Laval.

Mis à jour le 9 juill. 2012
Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Moins d'un an après son passage au Centre Bell, le duo dance-pop préféré des tout-petits a fait le plein de fans venus entendre ses deux grands tubes, Party Rock Anthem et Sexy and I Know It. Entre vous et moi, que l'absence de l'un des membres, pour cause de shuffling excessif occasionné par son «gros paquet» (dixit le parrain), n'ait en rien appauvri la performance de LMFAO en dit long sur l'oeuvre du groupe... Mais peu importe, tant que le public a du fun - et fun il a eu.

Comme les plaines d'Abraham la veille pour le Festival d'été de Québec, le Centre de la nature avait l'air d'une pente de ski des Laurentides pendant les vacances scolaires de février 1987: beaucoup de monde vêtu en fluo. Le coup d'envoi a été donné peu avant 21h avec Rock the Beat II, puis Sorry For Party Rocking, faisant sautiller les quelque 32 000 spectateurs, selon le décompte des organisateurs.

Un type bien ordinaire

D'une chanson à l'autre, la formule éprouvée ne change pas: de gros refrains pop faciles à retenir plaqués sur ces rythmiques dance qui occupent l'essentiel de la programmation des radios commerciales par les temps qui courent. En plus d'un DJ/programmeur, d'un batteur et d'un guitariste, une troupe de six énergiques danseurs seconde Red Foo sur scène.

Red Foo est un aussi piètre chanteur/rappeur que danseur, mais son enthousiasme est contagieux. On se dit que n'importe qui dans la foule portant une perruque frisée et des lunettes blanches (il y en avait beaucoup!) aurait été aussi à sa place sur scène que le fils du légendaire Berry Gordy, fondateur de Motown, et c'est peut-être là le secret du succès de LMFAO: sous leurs costumes zébrés, ses membres ont l'air de types comme nous, qui cherchent tout simplement à s'amuser. Comme nous.

LMFAO a poussé une vingtaine de chansons en 90 minutes, les leurs comme celles de David Guetta (Gettin' Over You) ou Black Eyed Peas (Boom Boom Pow). Évidemment, le public a déliré en reconnaissant les premières salves rythmiques de Party Rock Anthem au rappel (avec confettis), Champagne Showers, puis l'incontournable Sexy and I Know It. Une musique toute simple, toute bête, et ça marche à fond.

Une observation en terminant. En retravaillant son image et en déplaçant sa grande scène extérieure au Centre de la nature, un parc accueillant et parfait pour de grands concerts extérieurs, le festival a également abandonné le «choral» de son appellation, devenant le Mondial (de son nouveau commanditaire) de Laval.

Fini les choeurs? Que nenni, nous a assuré l'idéateur et créateur du Mondial, Gregory Charles, croisé au spectacle de LMFAO. La dimension chorale est là pour rester - six ensembles différents se produisaient encore hier -, mais la programmation musicale s'ouvre de plus en plus à d'autres genres, histoire de rassembler davantage de festivaliers.

Le Mondial se termine demain soir avec la performance d'Aerosmith au Centre de la nature.