Ce soir, en investissant la salle Les Saints, les organisateurs du troisième gala MIMI (nouvelle mouture) espèrent recentrer l'événement, au propre comme au figuré. S'inscrivant parmi la multitude d'activités culturelles au programme de la Nuit blanche montréalaise, le gala MIMI veut donner un coup de pouce à une poignée de groupes de la relève.

Mis à jour le 28 févr. 2009
Philippe Renaud LA PRESSE

On ne doit plus confondre le gala MIMI (Initiative musicale internationale de Montréal) avec la cérémonie de remise de statuettes qu'elle a déjà été, rôle que l'événement a dû céder en 2006 aux organisateurs du Gala de l'alternative musicale indépendante du Québec (GAMIQ).

 

«L'année qui s'en vient en est une de transition, concède Patrice Caron, qui pilote l'aventure. Il en va de même pour les cinq groupes lauréats: ils sont à un moment charnière de leur évolution, le MIMI est là pour leur donner cette poussée dans le dos dont ils ont besoin pour se rendre à l'autre étape.»

Les cinq groupes à l'honneur sont Lake of Stew, Parlovr, Le Matos, Random Recipe et Witchies. Les artistes seront récompensés par différents prix offerts par les commanditaires: tracking radio, séance de photos, temps de studio pour l'enregistrement, conseils spécialisés en management, etc.

«D'une part, donner des bourses en forme de montant d'argent revient souvent à ce qu'on appelle du gaz money, explique Caron. Ça va aider à absorber quelques frais de base, mais finalement rien de très concret. On voulait que les prix offerts aident vraiment au développement du groupe», dit-il en admettant qu'il est aussi plus simple de convaincre ainsi les commanditaires, plutôt que d'essayer de dégager quelques milliers de dollars en bourse.

Le gala MIMI nouveau se trouve cependant lui-même dans une drôle de position. En 2007, les organisateurs du GAMIQ et du MIMI se sont entendus sur la direction respective de leurs événements: le GAMIQ deviendrait la nouvelle alternative au gala de l'ADISQ, alors que le MIMI prendrait la forme d'une cérémonie dont le but est d'appuyer les groupes émergents dans leur cheminement.

Or, pendant cette transformation, d'autres acteurs de la scène ont bougé - nommément, M pour Montréal qui, à sa troisième présentation il y a quelques mois, a confirmé son importance en favorisant le rayonnement international des artistes d'ici. Exactement ce que MIMI aurait voulu devenir.

«On est conscient que pas mal de gens observent les MIMIs pour comprendre ce qui s'y passe, répond Caron. D'autre part, y'a qu'à voir la sélection des groupes retenus, c'est assez pour justifier la tenue de l'événement. Par ailleurs, la naissance de M pour Montréal nous a forcés à nous définir autrement. C'est sûr que les MIMIs ont perdu du terrain ces dernières années - du terrain que M pour Montréal a très bien su prendre.»

En plein centre-ville

En passant de la salle du Lion d'or, l'année dernière, à celle des Saints, en plein centre-ville, le gala s'assure au moins une audience qui profitera de la Nuit blanche pour se balader d'un événement à l'autre. La cérémonie commence vers 20h, jusqu'à 23h, après quoi «l'after-party» du MIMI se met en branle, jusqu'à 3h du matin. Au programme de l'after party, Black Diamond Bay, For Those About to Love..., Orange Orange, Hexes and Ohs, Final Flash, Jeune Chilly Chill et Payz Play (DJ set).

MIMI 2009, ce soir, 19h, au Saints Showbar, 30, rue Sainte-Catherine Ouest; infos: mimimtl.com