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Ronnie Spector: aux anges

À 71 ans, Ronnie Spector conserve toujours un... (Photo: tirée de Facebook)

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À 71 ans, Ronnie Spector conserve toujours un charme fou.

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Métisse de sang africain, irlandais et cherokee. Fleur odoriférante de Spanish Harlem, leader des célébrissimes Ronettes. Voix sulfureuse, «original bad girl of rock'n'roll», conquérante. Épouse maltraitée par un mari réputé psychotique, le producteur Phil Spector. Fugitive de l'oppression, victorieuse sur l'adversité. Trajectoire mirobolante? Nenni. Trajectoire réelle!

Au festival Pop Montréal, Ronnie Spector incarne la tradition et plus encore. La chanteuse vient présenter ici son spectacle Beyond the Beehive, qui résume en chansons (surtout en tubes, Be My Baby et tout et tout) l'érection de son propre mythe.

À 71 ans, elle est aux anges. Mord dans chaque instant que la vie lui offre.

«Voir à quel point l'auditoire réagit, les ovations, les rires, les pleurs, c'est un parcours riche en émotions. Je suis si heureuse de présenter ce spectacle! J'adore mon public, car mon public, c'est moi», s'exclame la chanteuse, jointe aux États-Unis. Ainsi, Ronnie Spector est un miroir pour ses fans et vice versa; les identités se confondent dans le récit d'une existence à tout le moins extraordinaire.

Conquérante

«Toutes ces étapes m'ont menée à une vie meilleure. Que puis-je demander de mieux? J'étais récemment à Santa Ana, en Californie, je me suis mise à chanter, et le public s'est vraiment lâché! Je n'étais ni Beyoncé ni Gaga, mais... presque. J'adore!», lance-t-elle

Bien sûr, ses heures de gloire remontent à un demi-siècle. Has been? Pièce de musée? Peut-être... mais la septuagénaire a encore du chien, l'esprit conquérant d'une diva pop. Qui plus est, elle exerce un charme fou sur ses interlocuteurs. Générosité et enthousiasme ont tôt fait d'éclipser tout diagnostic de flétrissement, du moins pendant les jours qui précèdent son spectacle où plein de jeunes gens l'entendront pour la première fois.

Jusqu'à demain, tenons-nous-en à la notion de pérennité. Comme le dirait Panoramix, plus de 50 ans de musique pop nous contemplent!

«J'ai connu Frankie Lymon, George Harrison, The Rolling Stones, Jimi Hendrix, Bruce Springsteen, Billie Joel, Steven Van Zandt... Mon spectacle parle de toutes ces rencontres. Lorsque je suis rentrée de Californie, dans les années 70, je n'avais pas chanté depuis longtemps. J'ai eu la surprise de rencontrer tous ces jeunes artistes qui me reconnaissaient. J'ai retrouvé la scène et je ne l'ai jamais quittée. Je n'ai pris de pauses que lorsque j'ai eu mes enfants.»

Emmurée par Phil Spector

Le journaliste était averti de ne pas la questionner sur Phil Spector, producteur et réalisateur visionnaire qui est devenu un tyran auprès de ses proches, à commencer par son ex-femme.

C'était bien avant qu'il soit condamné, le 29 mai 2009, à 15 années de prison pour le meurtre de Lana Clarkson, et à 4 années supplémentaires pour possession d'arme.

Rappelons que Veronica Yvette Bennett, figure de proue des Ronettes, et devenue Ronnie Spector lorsqu'elle a épousé l'instigateur du wall of sound»... Elle a été emmurée jusqu'à son évasion.

Sans qu'on le lui demande, elle relate cette période sombre: «Mariée à Phil, je n'ai pas eu le choix: j'ai dû arrêter de chanter. Il n'y avait aucune discussion possible. Je ne pouvais vivre cette vie! Avec l'aide de ma mère et de ma famille, je me suis sauvée.»

La chanteuse photographiée à une autre époque.... (Photo: tirée de Facebook) - image 2.0

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La chanteuse photographiée à une autre époque.

Photo: tirée de Facebook

«Lorsque j'évoque ce souvenir dans mon spectacle, l'auditoire et moi devenons très émotifs. Je vois des mouchoirs s'agiter...», raconte-elle.

D'aucuns comparent la trajectoire de Ronnie Spector à celle de Tina Turner. Notre interviewée tient à nuancer: «Tina pouvait se produire avec Ike Turner, qui la battait physiquement. Moi, j'étais mariée à un homme qui me battait psychologiquement. Ma carrière a été handicapée pendant 7 ans, mon combat pour récupérer mes droits en a duré 15. J'ai vécu des moments de profond découragement; il m'a fallu puiser dans toutes mes réserves de force et de courage afin d'atteindre les objectifs les plus importants de ma vie: famille et carrière.»

Pour en savoir davantage, il faut lire son autobiographie: Be My Baby: How I Survived Mascara, Miniskirts and Madness (Onyx Books). Sinon, inutile d'ajouter que Ronnie Spector a refait sa vie. S'est remariée à Jonathan Greenfield, de qui elle a eu deux fils dans les années 80.

Encore aujourd'hui, la famille coule des jours heureux.

«Je suis installée au Connecticut, à trois minutes de chez Keith Richards, à 20 minutes de chez Diana Ross... J'aime être à la maison, voir mes proches, n'avoir à penser qu'à mon spectacle, à la scène sur laquelle je vais bientôt monter. Une fois sur place, mon assistante quitte la loge. Je me maquille, je relaxe, j'écoute les gens entrer dans la salle. Je profite du moment, mon coeur se met à battre de plus en plus rapidement. Je me recueille alors, je prends une grande respiration et me voilà. Aimez-moi ou détestez-moi. Merci, mon Dieu, ils m'aiment!»

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Au Rialto demain, 20h45, dans le cadre de Pop Montréal.




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