Victime d’une baisse d’achalandage de l’ordre de 95 % en raison de la pandémie de COVID-19, le Musée Stewart vient d’annoncer sa fermeture permanente.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

À la perte de revenus provenant de sa billetterie, de la location d’espaces et des ventes de sa boutique s’ajoute aussi une diminution draconienne des contributions financières de fondations qui appuient le musée. On soutient qu’il a aussi été difficile de renouer avec un achalandage conséquent depuis la réouverture en 2011, et ce, en dépit des efforts consentis depuis l’intégration de la collection du Musée Stewart à celle du Musée McCord — les deux musées se sont regroupés en 2013.

« C’est ce contexte financier particulièrement difficile avec des perspectives incertaines qui nous amène à prendre cette triste décision, a indiqué dans un communiqué la présidente du conseil d’administration du Musée McCord Stewart, Monique Jérôme-Forget. Nous avons jugé préférable de devancer l’intégration physique des deux musées, déjà prévue et annoncée dans le cadre de notre projet de nouveau musée et de regrouper en un seul lieu, soit au centre-ville, au Musée McCord, ses collections et ses programmes. »

La fermeture du Musée Stewart entre en vigueur immédiatement, mais le déménagement de ses collections se fera au cours de l’année qui vient, ce qui permettra de maintenir des emplois pendant plusieurs mois. On veut aussi limiter les licenciements en réaffectant au Musée McCord certains employés touchés.

Fondé en 1955 par le philanthrope David M. Stewart, le Musée Stewart, installé dans le Fort de l’île Sainte-Hélène du parc Jean-Drapeau, détient une collection de près de 27 000 artefacts, documents d’archives et livres rares témoignant de la présence européenne en Nouvelle-France et en Amérique du Nord.

En attendant son intégration physique au musée McCord, une nouvelle plateforme numérique lancée à l’automne 2021 permettra au public de continuer à découvrir la collection du musée Stewart, notamment grâce à une programmation et à des expositions virtuelles.

« La fermeture de ce musée est un crève-cœur pour nous, a déclaré dans le communiqué la présidente et chef de la direction, Suzanne Sauvage. Mais ce qui fait l’âme d’un musée, ce sont ses collections et fort heureusement, avec l’appui de nos équipes, nous pourrons accroître l’accès du public et des chercheurs à cette précieuse collection et maintenir bien vivant l’héritage de David et Liliane Stewart, les fondateurs du Musée Stewart. »