Coup de théâtre au Musée des beaux-arts de Montréal. L’homme d’affaires et mécène Pierre Bourgie est désigné par le Musée comme successeur de Michel de la Chenelière à la tête du conseil d’administration.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

À moins de deux semaines de l’assemblée générale de ses membres, le président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts, Michel de la Chenelière, qui briguait un deuxième mandat, se retire. Il sollicitera toutefois un poste d'administrateur lors de l’assemblée, le 29 septembre, a indiqué la direction du Musée vendredi, qui a désigné Pierre Bourgie comme son successeur.

« Je choisis de quitter la présidence de ce musée que j’aime profondément de manière à lui permettre de véritablement entrer dans une nouvelle ère de développement. C’est avec le sentiment bien légitime d’avoir contribué, solidairement avec le conseil d’administration, au mieux-être et à l’épanouissement des employés du Musée que je passe le flambeau à Pierre Bourgie, un homme pour qui j’ai le plus grand respect. Le Musée peut compter sur M. Bourgie, un homme de talent qui, tout comme moi, a toujours démontré un engagement sans équivoque envers cette institution et ses formidables équipes », a déclaré Michel de la Chenelière par voie de communiqué.

Pierre Bourgie, qui a été membre du conseil d’administration du MBAM de 2009 à 2018, a ainsi été désigné comme successeur de Michel de la Chenelière par les 21 membres du C.A. Sa nomination n’aura pas besoin d’être soumise au vote par les membres votants du Musée lors de l’Assemblée générale du 29 septembre qui ne se prononceront que sur des « renouvellements de mandats », a appris La Presse.

La désignation de M. Bourgie sera formellement entérinée par le Conseil lors de la réunion qui suivra l'assemblée générale des membres, a précisé le Musée.

« C’est avec humilité et enthousiasme que j’ai accepté de prendre la relève de Michel de la Chenelière à titre de président du Conseil du Musée des beaux-arts de Montréal. Je veux saluer le leadership de Michel et le remercier pour son travail dévoué et engagé. Je sais que je pourrai compter sur lui pour assurer une transition harmonieuse toujours dans les intérêts supérieurs du Musée. Je veillerai, dans l’exercice de mes fonctions, au respect des employés inspirés et experts, des membres du Conseil, de ses bénévoles engagés, donateurs privés et publics et nombreux amis et visiteurs » a indiqué M. Bourgie dans le communiqué publié par le MBAM.

Michel de la Chenelière ne quitte donc pas tout à fait le Musée. Il se présentera comme administrateur durant l’Assemblée générale du 29 septembre. Sa candidature sera soumise au vote des membres votants. Deux autres membres se soumettront au vote des membres pour renouveler leur candidature. Un poste vacant est également à combler.

Le conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal est sous les feux des projecteurs depuis la mi-juillet lorsque son président, Michel de la Chenelière, a annoncé le congédiement de la directrice générale et conservatrice en chef du Musée, Nathalie Bondil. Son successeur désigné, Pierre Bourgie, n’a pas l’intention de revenir sur cette décision. Il a indiqué que son premier mandat était de « soutenir activement le comité pour le recrutement de la personne qui prendra la direction du Musée ».

Quelques jours après le congédiement de Mme Bondil, Pierre Bourgie, avait publié une lettre ouverte dans La Presse appuyant la décision « réfléchie et courageuse » du conseil d’administration de ne pas renouveler son contrat et déplorant « une lente mais constante dégradation du climat de travail » sous sa gouverne.

> Lisez la lettre ouverte parue dans La Presse

« Cette crise aurait pu être évitée, mais en la déplaçant sur la place publique pour des raisons personnelles, Nathalie aura sans doute fragilisé le Musée qui, rappelons-le, doit aussi son succès au soutien de ses bienfaiteurs, avait-il alors écrit. L’argent est frileux, ne l’oublions pas. Aurais-je consenti à associer ma famille au Musée lors de la construction du Pavillon d’art canadien et québécois dans un contexte de pareille tension ? Poser la question est y répondre. »