Face au refus du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal de convoquer une assemblée extraordinaire qui aurait pour but de destituer ses membres, un citoyen, membre du Musée, s’est adressé aux tribunaux mardi.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Dans une demande introductive d’instance en injonction, Serge Jean Laviolette demande à la Cour supérieure de forcer le Musée à convoquer cette assemblée « pour qu’il y soit décidé du maintien ou de la destitution des [11] administrateurs nommés par les membres du Musée et de la nomination d’administrateurs en remplacement ».

Au début du mois, le président du C. A., Michel de la Chenelière, avait refusé de convoquer une telle assemblée, au nom du conseil d’administration. « Le processus d’élection des administrateurs du Musée est encadré de façon précise et ne permet pas la présentation de candidatures et l’élection d’administrateurs lors d’une assemblée spéciale des membres », avait-il écrit aux signataires de la pétition, le 3 août dernier.

La Corporation des membres avait répondu au C. A. le lendemain, réitérant son droit de forcer la tenue d’une assemblée pourvu qu’elle soit exigée (par écrit) par plus de 100 membres.

« Le règlement d’application prévoit que les membres du conseil d’administration sont élus par les membres du Musée lors de l’assemblée générale. Il est de jurisprudence constante que le pouvoir de nommer comprend celui de démettre », ajoutent-ils.

Ce bras de fer entre le C. A. et la Corporation des membres du Musée dure depuis plus de deux semaines.

Lundi, près d’une centaine d’employés et d’ex-employés du Musée ont fait une sortie publique dans les médias pour dénoncer le climat de travail malsain qui régnait au musée sous la direction de Nathalie Bondil, congédiée le 14 juillet dernier.

« Au départ le débat était lié à une crise de gestion interne et non à une tension entre une directrice générale et son conseil d’administration », avait confié Richard Gagnier, chef du Service de la restauration au Musée, à La Presse lundi.

Le Musée et le C.A. n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet.