Face à la polémique autour du congédiement de Nathalie Bondil, le conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal a réagi lundi. « Il nous était difficile de demeurer silencieux et insensibles devant plusieurs insinuations. »

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Dans une nouvelle tentative d’en finir avec la saga qui secoue le Musée des beaux-arts, le conseil d’administration a diffusé aujourd’hui une lettre ouverte, afin de remettre « certaines pendules à l’heure », et prendre « un peu de recul face au dérapage hautement émotif » de ce feuilleton estival.

En annonçant sa décision de congédier Mme Bondil, le 13 juillet, le conseil était « pleinement conscient du tollé que cela allait susciter », ainsi que de la vague d’appuis que ce départ brusque allait enclencher dans la population. « Les succès remportés par le Musée depuis son entrée en poste et le positionnement plus qu’enviable de l’institution sur l’échiquier mondial des grands musées sont en grande partie liés à l’énorme talent de Mme Bondil », reconnaît d’emblée le conseil dans sa lettre.

Or, la décision de mettre fin abruptement au contrat de la directrice a été prise, selon le conseil, « dans les intérêts supérieurs du Musée et de ses employés ». Avant d’exiger son renvoi, le conseil d’administration aurait tenté « de conclure une entente de bonne foi » avec Mme Bondil, pour la dernière année de son contrat. L’ex-directrice et conservatrice en chef a rejeté cette proposition.

Le CA se réjouit de la décision de la ministre de la Culture du Québec de confier à une firme indépendante le mandat d’examiner l’encadrement et la supervision de la conduite des affaires du Musée. « Le conseil offre ainsi son entière collaboration à la ministre et fournira à cette firme indépendante toutes les informations nécessaires à son travail, dont la divulgation du rapport commandé par le Musée, dans la mesure où le respect des contraintes légales [NDR : les clauses de confidentialité] le permet. »

Le processus de recrutement pour la prochaine personne à direction du MBAM est désormais ouvert. « Cette personne aura l’énorme défi de prendre la relève de quelqu’un qui a énormément donné au Musée des beaux-arts de Montréal. Elle pourra toutefois compter sur une formidable équipe d’employés dévoués au Musée », précise le conseil, en espérant « aller maintenant de l’avant ».

« L’affaire Bondil » vue de France

Depuis plus d’une semaine, la crise culturelle provoquée par le licenciement de Nathalie Bondil a fait couler beaucoup d’encre, ici et ailleurs. En France, le journal Le Monde est revenu ce week-end sur l’« affaire Bondil ». Le Monde souligne que plusieurs directeurs de grands musées français défendent Bondil, comme Emma Lavigne, au Palais de Tokyo, Bernard Blistène, au Centre Pompidou, Laurence des Cars, au Musée d’Orsay, et Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre. Cités dans Le Quotidien de l’art, ils ont tous exprimé « leur consternation face à ce congédiement express ». Sans toutefois compromettre des projets de collaborations à de futures expositions avec le musée de Montréal, comme l’avait erronément rapporté un article de Vincent Noce, dans Artnewspaper, mercredi dernier.

> Lisez l’article du journal Le Monde

La Presse a tenté de joindre sans succès Nathalie Bondil pour commenter.

La lettre ouverte du C.A. sera publiée aussi demain dans la section Débats.