(Toronto) Le Musée des beaux-arts de l’Ontario a acquis un tableau du peintre français Gustave Caillebotte qui avait d’abord été acheté en Europe mais qui ne pouvait pas sortir du Canada en raison de son « importance nationale ».

Melita Kuburas
La Presse canadienne

Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers, chef-d’œuvre daté de 1892, sera exposé à partir de samedi dans le musée torontois. Le tableau a été acquis avec l’aide du gouvernement fédéral au moyen d’une subvention de 540 000 $ du ministère du Patrimoine canadien. Cette somme représente, selon le musée, presque la moitié du prix d’achat — le reste provenant de deux legs privés.

En avril, la Cour d’appel fédérale avait confirmé la décision de la Commission canadienne d’examen des exportations de biens culturels, qui interdisait l’exportation de ce tableau en Europe, où un acheteur venait de l’acquérir. La commission estimait que l’œuvre revêtait une « importance exceptionnelle » et une « importance nationale » pour le patrimoine canadien.

La décision de la Cour d’appel fédérale a mis un terme à une longue saga qui avait commencé lorsque la commission a refusé de délivrer un permis d’exportation à la maison de ventes aux enchères Heffel, après qu’un acheteur l’a acquis pour 678 500 $ en 2016. La décision du tribunal empêchait l’exportation de l’œuvre pendant au moins six mois, le temps pour une institution canadienne d’acquérir le tableau et de le garder au pays.

On compte au Canada très peu d’œuvres de Caillebotte, l’un des artistes majeurs de l’impressionnisme français. Le Musée des beaux-arts de l’Ontario soutient qu’il est désormais « le seul grand musée public du pays » à posséder et à montrer une œuvre de Caillebotte. Le Musée McMaster de Hamilton possède une huile de Caillebotte dans sa collection.

Julian Cox, directeur adjoint et conservateur en chef du musée de Toronto, indique que les œuvres d’art considérées comme ayant une « importance nationale » ne peuvent être limitées à leur lieu d’origine. « L’intérêt porté à Gustave Caillebotte a augmenté au cours des dix dernières années et ses œuvres ont été l’un des points forts de notre exposition L’impressionnisme à l’ère industrielle de l’hiver dernier », a expliqué M. Cox dans un communiqué.

David Heffel, président de la maison de vente aux enchères, a salué dans un communiqué « l’issue heureuse d’une histoire complexe, pour le plus grand plaisir des Canadiens ».