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Contrefaçon d'oeuvres de Rodin: un Américain condamné à la prison

Le baiser de Rodin... (PHOTO MATT ROURKE, ARCHIVES AP)

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Le baiser de Rodin

PHOTO MATT ROURKE, ARCHIVES AP

Agence France-Presse
Paris

Un Américain a été condamné mercredi par la cour d'appel de Paris à un an de prison avec sursis pour avoir fabriqué et vendu des contrefaçons à partir de moules originaux du sculpteur Auguste Rodin.

La cour d'appel a ainsi tranché un dossier vieux de 18 ans : la justice avait été saisie en mars 2001 d'une plainte du musée Rodin pour escroquerie et contrefaçon.

Gary Snell, reconnu coupable de contrefaçon et d'exportation d'oeuvres contrefaites, a en outre été condamné à une amende de 15 000 euros (22 610 $). L'amende s'élève à 30 000 euros (45 220 $) pour la société Gruppo mondiale, dont Gary Snell était le gérant mais qui a été liquidée.

Robert Crouzet, un galeriste parisien qui avait vendu des plâtres d'atelier de Rodin à Gary Snell, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour « complicité de contrefaçon ».

Gary Snell, Gruppo Mondiale et Robert Crouzet devront payer solidairement 500 000 euros (755 000 $) au musée Rodin au titre des dommages et intérêts.

Deux prévenus poursuivis pour complicité ont en revanche été relaxés.

Gary Snell, un élégant septuagénaire, était poursuivi pour avoir édité et commercialisé des oeuvres de Rodin, sans dire qu'il s'agissait de simples reproductions réalisées à partir de plâtres de la fonderie Rudier utilisée par le sculpteur de son vivant. Parmi les oeuvres reproduites : Le baiser, Le penseur ou La main de Dieu.

Gruppo Mondiale aurait produit, selon des estimations, quelque 1700 bronzes tirés à partir de 52 oeuvres d'Auguste Rodin (1840-1917), pour un prix moyen de vente de 40 000 euros (60 300 $), ce qui représente un chiffre d'affaires de 68 millions d'euros.

Mais selon son avocat, Gary Snell a été « ruiné » par cette procédure judiciaire. Les autres prévenus n'étaient pas présents au procès.

L'affaire a plusieurs fois été renvoyée. En novembre 2014, à l'issue d'un premier procès, le tribunal correctionnel de Paris s'était déclaré incompétent, estimant qu'il n'était pas démontré que les sculptures aient été fabriquées, exposées ou vendues sur le territoire français. Mais le parquet avait fait appel de cette décision et obtenu un nouveau procès.

En février, le parquet avait requis un an de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende contre l'Américain, estimant qu'il avait utilisé « sans vergogne » le nom d'Auguste Rodin. La contrefaçon avait atteint « un stade industriel », selon le procureur.

Mais l'affaire n'est peut-être pas terminée. L'avocat de Gary Snell, Christian Beer, a indiqué mercredi à l'AFP qu'il réfléchissait à un pourvoi en cassation.




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