La Société des arts technologiques (SAT), qui fêtera ses 25 ans en 2021, s’exporte de plus en plus grâce à des créations immersives locales réalisées avec des artistes d’ici et d’ailleurs. Après le succès de sa tournée SAT Circuit, l’an dernier, l’institution montréalaise poursuit sa croissance avec audace et ambition.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

La SAT est réputée dans le monde entier pour sa Satosphère, un dôme 360° qui accueille des artistes venus y créer des œuvres immersives. Leurs productions font maintenant le tour de la planète. 

« Nous avons un catalogue de 125 œuvres originales immersives, dit Monique Savoie, présidente fondatrice de la SAT en entrevue. Nos œuvres ont été montrées de septembre à janvier dernier dans 12 villes, dont Bruxelles, Paris, Berlin et Dubaï, dans le cadre de la Tournée internationale de spectacles pour dômes. Avec SAT Circuit, on a créé un marché de la tournée des œuvres. C’est le morceau phare de la SAT, désormais. »

SAT Circuit s’est notamment produit dans des lieux de création numérique et des festivals comme le Scopitone de Nantes, le TodaysArt de La Haye ou le White Line de Metz. 

« On a constaté que le marché international est prêt à recevoir nos œuvres et à s’ouvrir à ce type de créations, affirme-Louis-Philippe St-Arnault, directeur du département de l’immersion à la SAT. Du coup, les créateurs ont hâte de venir travailler chez nous à cause de notre équipement unique et parce que ça leur donne une perche pour leur développement et leur rayonnement. » 

Une deuxième tournée de ce type aura lieu l’été et l’automne prochains. Monique Savoie estime que cette branche des activités de la SAT permet de tisser des liens et d’amener à Montréal des énergies vives qui ont des effets sur le dynamisme économique et culturel de la ville.

Rayonnement

La SAT rayonne. Ce n’est pas pour rien que Monique Savoie est aussi directrice associée de la célèbre Gaîté lyrique, à Paris. La SAT développe également des relations avec le milieu des planétariums, qui diffuse ses œuvres. 

En 2021, on va recevoir, avec le Planétarium de Montréal, le colloque IMMERSA sur les expériences immersives qui réunit les planétariums et les propriétaires de dômes artistiques.

 Monique Savoie, présidente fondatrice de la SAT

Plusieurs nouvelles productions destinées au marché international sortiront à la SAT cet automne. Du 15 au 19 octobre, la Satosphère accueillera le duo franco-chilien formé de Raphaël Foulon et José Miguel Fernández, qui présentera en direct Las pintas, œuvre de spatialisation et d’expérience sonore où le son et le visuel se contrôlent en même temps. L’œuvre sera associée à Cosmic Polarizations, œuvre audiovisuelle de Teresa Carasco, qui avait présenté l’an dernier l’œuvre sonore Hidden Dimensions

Du 5 au 9 novembre, la SAT programmera le projet robotique Empty Vessels, de Montreal Life Support & Woulg. Trois violoncelles croisés à l’intelligence artificielle y joueront en même temps que deux musiciens.

PHOTO FOURNIE PAR LA SAT

Empty Vessels, de Montreal Life Support & Woulg

Du 12 au 16 novembre, l’artiste français de musique électronique Molécule présentera - 21,7 °C, Aux confins du Grand Nord, de concert avec la SAT et le collectif belge Dirty Monitors. Une expérience interactive avec le public, dont les mouvements seront enregistrés en temps réel et influenceront le visuel inspiré de paysages et de sons du Groenland. 

Du 19 au 23 novembre, Maxime Corbeil-Perron et Myriam Boucher présenteront Mutations, une œuvre immersive sur l’univers sonore… de la géologie. 

Enfin, demain débute la septième programmation de Substrat, une vitrine pour les artistes qui travaillent le son et la spatialisation, qui se poursuivra les 19 octobre et 9 novembre.

PHOTO FOURNIE PAR LA SAT

L’ORLANOÏDE, robot humanoïde créé l’an dernier par l’artiste contemporaine française Orlan, correspond selon l’artiste
à un « strip-tease artistique, électronique et verbal ».

La SAT présentera aussi une star française de l’art contemporain cet automne. La plasticienne transmédia et féministe Orlan donnera une conférence le 2 octobre à 17 h 30. Elle évoquera son travail sur « les canons esthétiques assignés à la femme ». Une conférence qui pourrait devenir une performance… 

Littérature immersive

La SAT participe aussi, du 29 septembre au 12 octobre, au Festival international de littérature avec Le parfum du jour est fraise, un texte de Pascale Petit interprété par Christian Lapointe.

Cette lecture immersive se prolongera les dimanches au Labo culinaire de la SAT, où le chef cuisinier Timothée Vielajus utilisera la fraise dans diverses recettes. 

Car la SAT veut associer les arts et les sensations. Même son café, ouvert l’hiver dernier, est appelé à participer à la programmation. La SAT va ainsi lancer la Station le 14 octobre, une initiative qui permettra aux gens de passage dans la rue de suivre une formation immersive d’une heure ou deux.

« L’idée est de continuer d’échanger avec la communauté, dit Monique Savoie. La SAT, c’est un terrain de jeu, un lieu qu’on veut voir bouger et se transformer. Et ça intéresse visiblement du monde, puisqu’on est visités chaque année par 100 à 125 délégations internationales qui veulent comprendre le modèle de la SAT. Car notre modèle est exportable. »

La SAT en chiffres

• 25 000 : Nombre de visiteurs qui ont fréquenté la tournée SAT Circuit

• 58 : Nombre de performances d’artistes présentées dans le cadre de la tournée

• 400 : Nombre de projections de films dans le cadre de la tournée