Issu du monde du design de mode, l'artiste urbain Stikki Peaches s'est construit une réputation internationale avec ses oeuvres sur papier placardées sur des murs. Le Montréalais a réalisé cet été Young Dalí sur la façade d'un restaurant de la rue Prince-Arthur, une oeuvre qui mêle messages de paix, surréalisme et des éléments de sa personnalité, dont une partie reste dans l'ombre...

Mis à jour le 27 août 2018
ÉRIC CLÉMENT LA PRESSE

Young Dalí 

L'oeuvre murale Young Dalí, créée en juin sur la façade du restaurant O.Noir, situé au 124, rue Prince-Arthur Est, à l'angle de la rue De Bullion, est une commande des propriétaires mexicains du commerce qui lui permettra, en échange, d'exposer à Mexico en octobre. Le portrait de Salvador Dalí a été choisi parce qu'il est une inspiration de l'artiste et le peintre préféré de la mère des propriétaires d'O.Noir. Un choix qui colle bien au concept du restaurant où l'on mange dans le noir, Stikki Peaches ayant ajouté sa part de noirceur avec des symboles et des dessins de styles punk, gothique et surréaliste.

Références personnelles

Young Dalí a été créé sur du papier collé directement sur la façade avec la technique du Wheat Paste, la signature de Stikki Peaches depuis 10 ans. L'artiste a ajouté à la photo de Dalí des éléments graphiques reliés à sa vie et à ses opinions. Un Christ en croix, des messages de paix, des slogans positifs, le symbole du parfum No 5 de Chanel et de la calligraphie orientale en référence à ses années passées dans le monde du design de mode. S'y ajoutent des éléments graphiques glanés au cours de ses voyages et qu'il réutilise régulièrement dans ses oeuvres.



Surréalisme

Stikki Peaches invite les passants à s'arrêter devant son Young Dalí et à réfléchir aux messages que l'oeuvre contient, même si certaines allusions à sa vie personnelle sont difficiles à percer. «Mais globalement, ce sont des messages qui s'adressent à tout le monde», dit-il. Sur le bas de l'oeuvre, il a ajouté trois bras posés l'un sur l'autre, un hommage au surréalisme du peintre catalan décédé en 1989.

Le rêve devenu réalité

Aujourd'hui, Stikki Peaches est représenté à Montréal par les galeries Station 16 et LeRoyer. Son studio de création ne dérougit pas. L'artiste sera au festival Pow ! Wow ! Worcester, dans le Massachusetts, début septembre, exposera chez LeRoyer fin octobre, sera à Miami Art Basel en décembre et à Milan en mai 2019. Lui qui rêvait, jeune, d'être joueur professionnel de soccer n'a aujourd'hui d'autre rêve que celui de poursuivre son chemin. «Je vis déjà mon rêve aujourd'hui, dit-il. Alors mon rêve est de continuer de rêver.»

Photo François Roy, La Presse

Stikki Peaches