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Acheter une oeuvre avec du temps...

L'artiste Nicolas Grenier devant son oeuvre Promised Land... (Photo André Pichette, La Presse)

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L'artiste Nicolas Grenier devant son oeuvre Promised Land Template présentée dans le cadre de la Biennale de Montréal, en 2014.

Photo André Pichette, La Presse

Un projet original intitulé Le temps de l'oeuvre, le temps du travail débutera lundi dans l'espace d'exposition SIGHTINGS de l'Université Concordia. Cet été, des amateurs d'art vont acquérir une oeuvre d'art en restant dans le cube transparent SIGHTINGS le temps que l'artiste a mis pour la créer. Un projet de l'artiste Nicolas Grenier et de la commissaire Katrie Chagnon.

Nicolas Grenier s'intéresse aux structures sociales et économiques. Lors de la dernière Biennale de Montréal, il a présenté une impressionnante installation, Promised Land Template, qui invitait le public à réfléchir sur la déshumanisation et les ségrégations sociales. Son projet Le temps de l'oeuvre, le temps du travail est parti d'une proposition de la commissaire Katrie Chagnon. Elle souhaitait organiser une exposition sur le thème du travail en utilisant le cube expérimental SIGHTINGS de la galerie Leonard & Bina Ellen.

«De mon côté, je voulais tester une sorte d'économie métaphysique sur le marché de l'art en remplaçant l'argent par autre chose, dit Nicolas Grenier. Quand tu vends une oeuvre, tu participes au marché. En même temps, l'économie néolibérale est à la source de tous les problèmes. Les artistes sont plutôt libéraux - au sens progressiste du terme -, mais le marché est conservateur et dérégulé. Je voulais m'intéresser à cette question.»

Nicolas Grenier a convaincu 15 artistes canadiens (dont BGL, Sylvain Bouthillette, Dil Hildebrand, Paul Hardy, Guillaume Lachapelle, David Elliott, Lucie Meunier et Pierre Dorion) à donner, comme lui, une oeuvre. Chaque oeuvre sera exposée dans le cube... avec son acquéreur, pendant la même période de temps que celle nécessaire à l'artiste pour la créer.

Les acquéreurs pourront répartir leur temps d'isolement (et d'écriture, s'ils le souhaitent) en plusieurs séances. Leur « résidence » dans le cube ne sera pas une performance durant laquelle ils sont «en cage», mais ils ne pourront détenir ni téléphone, ni tablette numérique, ni livre.

Le cube sera aménagé afin que leur période de réflexion et d'écriture soit agréable. Ils pourront fermer des rideaux pour avoir un peu d'intimité, mais alors l'oeuvre ne sera pas accessible à la vue. On pourra toutefois suivre le projet en tout temps sur le site de la galerie.

Seize personnes se sont proposées pour vivre cette expérience avec seize oeuvres. En retour de son don - qui ne lui rapportera aucun avantage financier -, l'artiste recevra les notes prises par l'acquéreur durant son isolement et le catalogue réalisé à l'issue de l'expo. Une façon de le compenser.

«Quand tu vends une oeuvre, il ne te reste qu'une facture signée et, souvent, tu ne sais même pas à qui tu l'as vendue. Là, l'artiste comme l'acquéreur vont se souvenir de cette expérience toute leur vie. Et l'artiste recevra quelque chose que l'argent ne donne pas.»

Les visiteurs pourront admirer les oeuvres au fur et à mesure que se succéderont les ermitages des acquéreurs dans le cube. Les artistes ont donné des oeuvres de valeur. BGL a créé une oeuvre spécialement pour le projet, tout comme Pierre Dorion, qui a fait une impression unique d'un de ses tableaux. David Elliott a donné un de ses collages et Paul Hardy une peinture, etc.

Les visites se feront aux heures d'ouverture de l'édifice Hall. Il n'y aura pas de vernissage. Nicolas Grenier est actuellement en résidence d'été à la Skowhegan School of Painting & Sculpture, dans le Maine. Si l'expérience du cube est concluante, il prévoit la renouveler en l'élargissant pour que plus d'amateurs d'art puissent avoir la chance d'acheter une oeuvre avec du temps...

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Au cube SIGHTINGS de la galerie Leonard & Bina Ellen (1455, boulevard De Maisonneuve Ouest, Montréal), du 4 juillet au 1er septembre, tous les jours, de 7 h à 23 h.




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