Les inscriptions, pour certaines à caractère antisémite, sur la sculpture polémique de l'artiste britannique Anish Kapoor installée dans le parc du château de Versailles, près de Paris, vont être effacées «sous le contrôle de l'artiste», a annoncé vendredi la direction du château.

Publié le 18 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Surnommée le «vagin de la reine», la sculpture monumentale Dirty Corner, une trompe d'acier de 60 m de long à la connotation sexuelle évidente, a été vandalisée trois fois depuis juin, dont deux ces dernières semaines. L'artiste avait demandé dans un premier temps à ce que les insultes antisémites ne soient pas retirées, estimant que désormais «ces mots infamants faisaient partie» de l'oeuvre.

Venu constater les dégâts, Anish Kapoor avait ensuite nuancé son propos, estimant qu'il «avait besoin de temps pour décider». Il avait fait part de sa «grande tristesse» et évoqué un «enterrement de la culture».

Dans son communiqué, l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles annonce que l'oeuvre «fera l'objet dans les tout prochains jours d'une intervention, sous le contrôle de l'artiste, pour en dissimuler les dégradations».

La sculpture a été dégradée le 6 septembre par de nombreuses grandes inscriptions à la peinture blanche: «La reine sacrifiée, deux fois outragée», «SS Sacrifice Sanglant», «le deuxième VIOL de la Nation par l'activisme JUIF DEVIANT». Ou encore «Juifs tradis et Kabbalistes: ce taré vous met en danger».

Quatre jours plus tard, malgré les mesures de surveillance mises en place, la phrase «Respect Art as U trust God» a été inscrite en grandes lettres à la peinture rose sur la partie inférieure de Dirty Corner.