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Johannesbourg veut s'imposer comme capitale de l'art contemporain

Jean Liou
Agence France-Presse
Johannesbourg

S'appuyant sur son réseau de galeries et ses infrastructures, Johannesbourg entend devenir une plaque tournante incontournable pour l'art contemporain venu d'Afrique, un marché en pleine expansion comme l'a montré la septième édition du salon JoburgArtFair ce week-end.

Avec 37 galeries de huit pays présentant environ 400 artistes, et 9500 visiteurs, on est encore très loin des grandes manifestations comme Art Basel (à Bâle, en Suisse) ou la Fiac parisienne. Mais c'est déjà beaucoup pour sa commissaire Silvia Pillon.

«Il n'y a pas beaucoup de galeries commerciales sur le continent. Et on n'accepte pas tout le monde», remarque-t-elle. «Donc le nombre de galeries qui postulent est forcément limité, mais il y en a de plus en plus!»

Les exposants interrogés par l'AFP ce week-end étaient tous très satisfaits. Le chiffre d'affaires de la manifestation, qui augmente de 20% tous les ans depuis son lancement en 2008, a atteint entre 22 et 24 millions de rands, selon un premier bilan de Silvia Pillon.

«C'est encore un petit marché, mais un marché émergent. Ce qui est intéressant, c'est la tendance», souligne cette jeune Italienne. Des galeries s'ouvrent, les collectionneurs se multiplient...

L'Afrique offre de fait beaucoup plus que des masques ou des sculptures de fil de fer.

Sous la figure tutélaire du Sud-Africain touche-à-tout William Kentridge - 45e sur le marché de l'art mondial selon le classement Artprice en 2012/13 -, on trouvait ainsi à JoburgArtFair toute une palette plutôt figurative faisant une belle part à l'imagination, à la revendication, à la photo. Des oeuvres souvent relativement abordables.

Si le marché est encore peu structuré, il est en partie décentralisé avec des galeries en Europe ou aux États-Unis. La foire 1:54 (pour un continent et 54 pays) accueillera ainsi 24 exposants à Londres en octobre pour sa deuxième édition.

«Le problème de l'art africain contemporain, c'est que le marché est complètement délocalisé», constate Jean-Philippe Aka, galeriste à Paris.

«C'est un drame pour l'Afrique, c'est un drame pour les artistes et les familles des artistes. (...) Tous ces artistes qui vont en Europe, ça se termine en désillusion. Je ne crois pas qu'ils puissent vivre de leur art.»

Éduquer le public

L'Afrique du Sud, pays le plus développé du continent, est aussi celui qui a le plus grand réseau de galeries - qui pallient souvent l'absence de musées dignes de ce nom -, et la plus importante colonie d'artistes.

«Johannesburg est pour moi la capitale mondiale de l'art moderne et contemporain africain», affirme M. Aka. «C'est le seul marché africain solide, avec des infrastructures de qualité pour promouvoir et vendre de l'art. Il faut vendre!»

Même s'ils regrettent l'absence de soutien du gouvernement, les professionnels sud-africains ne diront pas le contraire.

«Ça serait beaucoup trop simpliste de dire: «Venez à Johannesburg, et vous saurez tout sur l'Afrique». Mais clairement, c'est déjà un bon début», dit Liza Essers, propriétaire de la Goodmann Gallery. «La JoburgArtFair est vraiment la plus importante manifestation du continent pour chercher de l'art contemporain africain.»

Sa galerie, qui fait régulièrement parler d'elle - par exemple avec un tableau représentant le président sud-africain Jacob Zuma campé en Lénine montrant son sexe, en 2012 -, fait plus de la moitié de son chiffre d'affaires à l'étranger et n'a pas trop besoin de publicité.

Mais «il est important qu'on soit ici pour aider à éduquer un marché encore très immature pour l'art contemporain», souligne-t-elle.

«À la première édition, 100% des collectionneurs et des visiteurs étaient des Sud-Africains blancs, et les artistes aussi», note la commissaire de la JoburgArtFair Silvia Pillon. «Si vous vous baladez dans la foire, vous verrez que 30% des visiteurs sont des Africains, des autochtones, et les acheteurs aussi.» Ce qui est plutôt bien pour l'Afrique du Sud.

«Il est important que des Africains viennent voir de l'art contemporain africain en Afrique», relève Valerie Kabov, une Russe qui dirige la First Floor Gallery à Harare, et a vendu toutes les oeuvres de son stand le soir du vernissage.

«Nous aimerions voir davantage de visiteurs étrangers», ajoute-t-elle.

Car malgré la présence de quelques collectionneurs et journalistes venus d'ailleurs, le public du salon de Johannesbourg reste très sud-africain.




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