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Les esprits de l'arbre: aiguiser nos sens ancestraux

L'exposition Les esprits de l'arbre est notamment constituée... (Photo: Simon Giroux, La Presse)

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L'exposition Les esprits de l'arbre est notamment constituée d'îlots lumineux qui évoquent la nature et les phénomènes naturels.

Photo: Simon Giroux, La Presse

Une exposition inédite qui marie arts visuels, sonores et olfactifs est présentée jusqu'en novembre au Jardin botanique. Les esprits de l'arbre, une interprétation contemporaine de la magie sylvestre, a notamment pour objectif de rappeler à l'Homo urbanus qu'il fait partie intégrante de cette nature...

La salle d'exposition de la Maison de l'arbre Frédéric-Back a été transformée en boîte noire dans laquelle trois installations ont été orchestrées. La présentation multimédia immersive comprend des photos, des sculptures, une estampe et des diffuseurs de parfums forestiers qui se combinent dans une ambiance sonore de sous-bois créée par Thierry Dubreuil.

Cette expérience multisensorielle découverte dans le noir nous imprègne presque du même bien-être qu'une balade dans les bois laurentiens à la recherche de chanterelles.

Le premier îlot totémique situé à l'entrée est un triangle isocèle de panneaux encadrés par des troncs d'érables de Val-David. Il est installé sur une surface de miroirs, ce qui donne l'impression que l'oeuvre est enracinée dans le sol.

Sur l'une des trois faces, une animation végétale est projetée à petite vitesse. Les deux autres sont recouvertes d'images incrustées de fibre optique qui présentent des montages lumineux dans lesquels on peut voir un poulpe ou une paire de poumons dans un cas et, dans l'autre, un système planétaire couplé à la ceinture de radiations de Van Allen, celle qui génère les aurores boréales.

Plus loin, un mur de photographies a été constitué avec des oeuvres de Thierry Dubreuil. Il s'agit de photos d'arbres de parcs parisiens insérées dans des cadres lumineux éclairés de façon aléatoire. Ces images d'arbres aux branches torturées confèrent au végétal une expression quasi humaine dans les formes tout en faisant penser à une nouvelle calligraphie.

Tout près, une plaque blanche sculptée par Michel Gautier, artiste et performeur multidisciplinaire mais aussi écologiste, est remplie de mystère. On peut percevoir dans ce travail de gravure et de photolithographie les étranges légendes entourant les racines humanoïdes de la mandragore, cette plante dont les formes intriguent l'homme depuis l'Antiquité. On peut aussi y voir un cycle de vie, un monde cellulaire ou les esprits de la nature.

Frédéric Back serait fier de cette oeuvre réalisée en gaufrant du coton de tee-shirts recyclés... comme l'arbre qui tombe et régénère la terre.

Images et odeurs

L'îlot lumineux suivant est constitué de quatre constructions de Michel Gautier faites d'images sylvestres et totémiques travaillées par ordinateur en créant une symétrie par un effet de miroir vertical et horizontal, le tout se reflétant en plus dans des miroirs latéraux et installés au sol.

Ces oeuvres en noir et blanc ressemblent, de loin, à des dessins symétriques d'enfants obtenus par découpage au ciseau, voire à des figures de masques africains (Michel Gautier est originaire de l'île de la Réunion). Sur plusieurs d'entre elles, de petites lumières de fibre optique jouent le rôle de la sève nourricière.

Trois diffuseurs d'odeurs ont également été placés sur de petits troncs d'arbres dans la salle. Grâce à une pompe, on fait jaillir des effluves qui nous rappellent une promenade en forêt et génèrent des images de fraîcheur.

Les trois préparations forestières du sculpteur d'arômes Michaël Moisseeff ont été achevées in situ pour adapter les odeurs aux oeuvres exposées. Elles sont intitulées Les Esprits du mur boréen, Les Esprits de l'intangible énergie et Les Esprits du Sommeil Hivernal. L'une d'elles rappelle les mousses et les fougères; une autre, le bois de santal. La troisième odeur est plus difficile à cerner. Mais doit-on tout comprendre et tout saisir, dans cette exposition? Non. Le plaisir de l'immersion suffit.

L'exposition, dont Manon Régimbald est la commissaire, s'achèvera le 2 novembre, à la fermeture hivernale de la Maison de l'arbre, avant de renaître le 1er février et tout l'été 2015, avec une performance supplémentaire greffée au concept actuel.

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À la Maison de l'arbre Frédéric-Back du Jardin botanique, jusqu'au 2 novembre, de 9h à 18h. Entrée par le 4500, boulevard Rosemont.




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