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L'écologie prend racine au musée

Un champ de blé aux pieds du World... (Photo fournie par le MOMA)

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Un champ de blé aux pieds du World Trade Center planté et récolté en 1982 par l'artiste Agnes Denes.

Photo fournie par le MOMA

Yves Schaeffner

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Inspirés par les changements climatiques et les expositions universelles comme Expo 67, le Museum of Modern Art (MoMA) et son cousin avant-gardiste PS1 présentent une exposition sur le thème de l'écologie à New York. Saisissant.

Évoquant tour à tour les changements climatiques, l'ouragan Sandy, le tsunami qui a ravagé une partie de la côte du Japon en 2011, le directeur de MoMA PS1 Klaus Biesenbach avait presque l'air de s'être réincarné en David Suzuki lors du récent dévoilement de l'Expo 1, à New York.

«Nous n'avons un avenir que si nous faisons quelque chose», a-t-il plaidé. Joignant le geste à la parole, PS1 a donc décidé de consacrer l'entièreté de son vaste immeuble à l'exposition. Du sous-sol au toit, toutes les salles ont été réquisitionnées pour présenter des pièces liées à l'écologie, à l'état de notre planète et à notre avenir.

Au rez-de-chaussée, on retrouve une salle réfrigérée où l'on peut se balader au milieu de vrais morceaux d'un glacier islandais vieux de plus de 800 ans, importés par l'artiste Olafur Eliasson. À l'autre bout du même étage, on peut découvrir de surprenantes photos d'un champ de blé aux pieds du World Trade Center, planté et récolté en 1982 par l'artiste Agnes Denes.

À proximité, une installation du Français Pierre Huyghe présente des crabes flèches qui ressemblent à d'intrigantes araignées aquatiques, en compagnie d'un bernard-l'ermite logé dans une reproduction d'une sculpture de Brancusi dans un aquarium.

Pièces spectaculaires

Parmi toutes les pièces présentées, la plus spectaculaire est nichée au 3e étage. L'artiste argentin Adrián Villar Rojas a créé une sorte d'agora post-apocalyptique en béton et argile qui va du plancher au plafond et occupe plusieurs pièces.

Comme pour la pièce réfrigérée contenant des bouts de glacier ou la Rain Room du MoMA (voir autre texte), l'expérience se veut immersive et physique. Cette agora post-apocalyptique servira d'ailleurs de «salle de cours» pour les discussions quotidiennes prévues durant les 11prochaines semaines.

Chaque jour, des chercheurs, artistes, scientifiques, économistes, écologistes, etc., vont en effet se relayer pour discuter et présenter leur vision du futur. À l'extérieur, la firme d'architecture a77 a également été mandatée pour imaginer et construire une «colonie» habitable, inspirée par les désastres économiques et naturels.

Au deuxième étage, un autre volet de l'exposition intitulé ProBio évoque quant à lui le rapport entre le corps humain et les nouvelles technologies. «Les changements s'accélèrent. L'avenir de la science-fiction est en train de devenir notre réalité quotidienne», précise à ce sujet l'artiste et commissaire Josh Kline.

Placées sous le signe de «l'optimisme sombre», toutes ces installations, oeuvres et expérimentations conçues par une trentaine d'artistes pointent dans de nombreuses directions. Si certaines oeuvres restent cryptiques, la plupart semblent se répondre les unes aux autres comme si elles été interconnectées à la façon d'un vaste et complexe écosystème.

Expo 1 est présentée jusqu'au 2 septembre.

***

Rain Room: Bien au sec sous la pluie

«Marchez lentement et vous ne serez pas mouillé». La préposée à l'entrée de la Rain Room (chambre de pluie) du MoMA n'est pas Dieu et on n'est pas Moïse, mais le résultat est pratiquement le même. Comme la mer Rouge, le rideau de pluie torrentielle de l'installation s'ouvre sur nos pas et se referme derrière nous. L'expérience, si elle n'est pas mystique, a quelque chose de magique.

Créée par le collectif Random International, l'installation est composée de capteurs 3D qui nous visualisent dans l'espace et arrêtent temporairement les valves qui déversent des trombes d'eau au fur et à mesure qu'on se déplace. Si quelques danseurs de la compagnie de Wayne McGregor y présenteront de temps à autre une chorégraphie, en tout temps, les spectateurs-participants jouent eux-mêmes le rôle de chorégraphes. Certains, en couple, semblent faire des pas de deux. D'autres tendent la main en espérant attraper quelques gouttes. D'autres encore, statiques, la tête en l'air, semblent fascinés par l'amusante technologie permettant ce petit miracle.

Rain Room est présentée jusqu'au 28 juillet.




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