La police suisse a annoncé mercredi avoir démantelé l'un des plus importants réseaux de faux tableaux dans le pays, ayant conduit à l'inculpation de quatre Suisses accusés «d'escroquerie, faux dans les titres et faux dans les certificats».

Publié le 3 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Parmi les tableaux saisis, «se trouve un important lot de Rodolphe-Théophile Bosshard, mais aussi des faux portant les signatures d'Edmond Bille, d'Edouard Vallet, de Georges Braque, de Kees van Dongen ou encore de Maurice de Vlaminck», explique la police du canton de Vaud dans un communiqué.

Près de 80 faux tableaux ont été mis sur le marché de 2005 à 2008. Au total, l'enquête a conduit à la saisie de plus de 100 tableaux, indique la police.

Elle n'exclut pas que d'autres contrefaçons soient encore sur le marché.

En août 2008, quatre prévenus suisses âgés entre une cinquantaine et une soixantaine d'années sont passés aux aveux, selon la police qui vient de déposer le rapport final de cette longue enquête.

Elle a permis d'établir que l'un des prévenus peignait les fausses oeuvres, un deuxième rédigeait de faux certificats et décidait des fausses signatures à apposer sur les tableaux litigieux, tandis que les deux autres se chargeaient de vendre les contrefaçons.

Tous ont été inculpés d'escroquerie, de faux dans les titres et de faux dans les certificats.

L'enquête a démarré en janvier 2007 lorsqu'une Lausannoise a été victime d'un «vol à l'astuce»: en la remplaçant par une copie, les prévenus ont dérobé une oeuvre authentique du peintre suisse Giovanni Giacometti (père du sculpteur Alberto Giacometti) qu'ils ont revendue 180 000 francs suisses.

Par la suite, les enquêteurs ont découvert fin 2007 lors d'un salon d'antiquaires à Lausanne que plusieurs tableaux portant la signature de Rodolphe-Théophile Bosshard étaient des faux.

L'enquête a duré plusieurs années en raison de la difficulté d'identifier et de récupérer les contrefaçons, a indiqué la police.