De la célèbre sculpture de l'Homme qui marche II aux nombreux tableaux de l'artiste, les «multiples facettes» de l'oeuvre du suisse Alberto Giacometti sont présentées à partir de samedi à Bâle.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Giacometti (1901-1966) est «une des figures essentielles de l'art européen au XXe siècle», estime Felix Baumann, directeur de la Fondation Alberto-Giacometti de Zurich.

Plus de 150 oeuvres - sculptures, peintures et dessins - d'un artiste considéré comme un des représentants «les plus influents de l'art moderne» sont présentées au public à partir de samedi jusqu'au 11 octobre à la Fondation Beyeler, dans la banlieue de Bâle.

L'exposition a pour fil conducteur la perception des figures dans l'espace et des corps en mouvement qui ont tant fasciné l'artiste, dans une exposition qui retrace l'oeuvre de Giacometti de ses débuts jusqu'à sa disparition.

Elle rassemble aussi des oeuvres moins connues de son père Giovanni Giacometti et de son frère Diego, retraçant ainsi les origines du talent de l'artiste et le lien familial omniprésent dans ses créations.

Le fils de Giovanni «a montré très tôt des signes de talent et a été artiste depuis sa jeunesse», raconte le commissaire Ulf Küster. «Le salon servait d'atelier à Alberto» qui a ainsi pu imiter très tôt l'activité artistique du père, poursuit M. Küster, ajoutant qu'Alberto «a appris l'activité artistique très tôt».

«Il s'agit d'un artiste doté de multiples facettes», qui a cherché à poursuivre à sa manière l'oeuvre du père, selon M. Küster. «Le père voulait véhiculer une ambiance réaliste» dans ses tableaux, une démarche que «le fils a encore poussé plus loin».

Dans ses halls inondés de lumière, la Fondation Beyeler montre ainsi une très rare présentation complète des neuf versions des «Femmes de Venise» que l'artiste avait réalisées en 1956 pour la Biennale de Venise.

Aux côtés de la sculpture minuscule du «Petit homme sur socle», où Giacometti joue avec les perspectives, se trouve également la Femme au chariot. Avec cette oeuvre-clé, montée sur roues et donc mobile, l'artiste abroge la distance entre l'objet et lui-même.

Au fur et à mesure du cheminement entre les nombreuses sculptures, le visiteur s'immerge dans le monde de Giacometti et sa perception du mouvement. «Ce n'est pas vous qui bougez, mais les figures», commente Ulf Küster.