Le Musée d'histoire naturelle de Londres rend hommage à partir de vendredi au naturaliste anglais Charles Darwin, avec une exposition qui retrace le cheminement intellectuel ayant abouti à la théorie de l'évolution et aide à mieux connaître l'homme derrière le scientifique.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette exposition, qui court jusqu'au 19 avril 2009, s'inscrit dans le cadre des manifestations prévues pour le bicentenaire en février 2009 de la naissance de Darwin, et le 150e anniversaire en novembre 2009 de la publication de son oeuvre majeure: L'Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle.

Elle s'ouvre sur la présentation d'organismes et fossiles recueillis par Darwin (1809-1882) lors de son voyage sur le navire HMS Beagle, qui l'a emmené d'Australie en Amérique du Sud entre 1831 et 1836 et a décidé de sa vocation.

Deux spécimens de moqueurs polyglottes, à l'origine de la réflexion de Darwin, trônent à l'entrée. Ces oiseaux ont été collectés par le naturaliste en personne sur deux îles des Galapagos. Leurs différences à peine notables l'ont amené à s'interroger sur la continuité des espèces.

Un iguane vert vivant, semblable à ceux vus par Darwin lors de son voyage, coexiste avec des reproductions des animaux qu'il a rencontrés (paresseux, nandous, tatous...), et avec des fossiles qu'il a personnellement collectés.

C'est à partir de ses observations sur le Beagle que Darwin a conçu la théorie selon laquelle les espèces vivantes sont issues d'un ancêtre commun ou d'un petit nombre d'ancêtres communs, et ont évolué dans le temps grâce au processus de «sélection naturelle».

Darwin a «changé la manière dont l'être humain se considère lui-même», en démontrant que «nous faisons partie de la nature, que nous sommes gouvernés par les mêmes règles qui gouvernent la nature», explique Johannes Vogel, professeur au musée d'Histoire naturelle.

«Nous devons remercier Darwin pour cette idée novatrice selon laquelle nous faisons partie de la nature et ne sommes pas séparés d'elle», ajoute-t-il, estimant que l'exposition permet de comprendre comment «Darwin et sa réflexion elle-même évoluent».

Avec de nombreuses correspondances, photos et des objets personnels, une longue place est aussi accordée à la vie familiale de Darwin, marié à sa cousine Emma Wedgwood et père de dix enfants. Le bureau de sa demeure du Kent, où il a rédigé L'Origine des espèces, est aussi reconstitué à l'identique.

L'exposition se conclut en montrant comment la théorie de l'évolution a été affinée par les diverses découvertes en matière de paléontologie, génétique ou biologie moléculaire.

Elle rappelle aussi qu'en 150 ans, la théorie «n'a été sérieusement contestée par aucune autre explication scientifique».