Acheter une maison génère un stress similaire à celui (très élevé) d’un point de presse préconfinement de François Legault. Regarder une sitcom sur la vente de maisons provoque exactement l’effet contraire. On se divertit et on ne se casse pas la tête avec un problème de drain français ou une inspection désastreuse.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Voilà le contrat télévisuel que propose Contre-offre, la première série de fiction fabriquée pour la chaîne Noovo, qui entrera en ondes le mardi 12 janvier à 19 h 30. C’est rythmé et sympathique, sans vice caché. Vous achetez ce que vous voyez.

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Marie-Soleil Dion (au premier-plan), Noémie O’Farrell (à gauche) et Emmanuelle Lussier-Martinez interprètent les sœurs Lévesque dans la nouvelle série Contre-offre.

J’ai fait une visite libre des trois premiers épisodes, mercredi, et un constat s’impose : Marie-Soleil Dion vole la vedette. Elle y incarne Christine Lévesque, une énergique courtière immobilière qui travaille à l’agence-boutique de son père Alain (Normand D’Amour) avec ses sœurs Daphnée (Emmanuelle Lussier-Martinez) et Jade (Noémie O’Farrell).

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Marie-Soleil Dion interprète Christine Lévesque dans Contre-offre.

Comme Christine Quinn dans Selling Sunset sur Netflix, l’aînée Christine Lévesque, dans la mi-trentaine, porte des tailleurs aux couleurs acidulées et dégage une énergie brute de milliardaire. Elle bosse tout le monde, vit seule sur la Rive-Sud et ne mise que sur sa carrière. Son caractère cassant ne la rend pas antipathique, au contraire, juste franche et rafraîchissante.

À l’opposé, sa sœur Daphnée (Emmanuelle Lussier-Martinez), une mère de famille monoparentale, gaffe tout le temps et frôle la panne sèche de confiance en soi. Au point où elle chuchote et s’enfarge dans ses phrases, ce qui rend difficile la compréhension de ses répliques. À revoir pour la deuxième saison, si Noovo dépose une offre, évidemment.

La troisième sœur, Jade (Noémie O’Farrell), vogue entre les humeurs des deux autres. Actrice qui ne décroche pas de contrat, Jade sait comment vendre des propriétés, ce qui ne l’emballe pas autant que de gagner un Gémeaux, mettons.

Contre-offre, c’est la relation toujours en déséquilibre de ces trois sœurs, dans un contexte de bureau. À l’agence des Lévesque, qui dessert Boucherville et ses environs, il y a aussi le bon Marcel (Antoine Vézina), un agent mononcle aux méthodes dépassées, abonné à l’échec, et il y a le réceptionniste gai Norbert (Tommy Joubert).

Client capricieux, cliente qui capote sur les bibelots de pénis ou couple qui s’engueule devant de futurs acheteurs, les visites orchestrées par les trois sœurs Lévesque ne manquent pas de piquant. C’est ce qui sert de ressort comique principal à Contre-offre, dont les textes contiennent des références contemporaines à Julie Snyder, Marc Bergevin, Nicola Ciccone ou Messmer. Pierre-Louis Sanschagrin supervise l’écriture de quatre auteurs (Marie-Josée Ouellet, Kristine Metz, Julien Tapp et Martine Pagé), une façon plus américaine de travailler en comédie.

Dans cet univers ultra-compétitif, les requins rôdent, particulièrement le super courtier Marc Huard (Pierre-Yves Cardinal), le fendant de l’agence Intermax. Lui et Christine, qui partagent cet esprit guerrier, se battront souvent pour les mêmes maisons. Et il y a de la tension (sexuelle) dans l’air.

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Pierre-Yves Cardinal et Marie-Soleil Dion dansContre-offre

François Papineau apparaîtra dans quelques épisodes sous les traits d’un riche producteur de cinéma qui souhaite mettre sur le marché sa belle cabane du Boisé de Boucherville.

Désolé, votre honneur

Vous avez été nombreux à me recommander Your Honor, la nouvelle série de la chaîne Showtime, offerte sur Crave au Canada, qui met en vedette Bryan Cranston, la star de Breaking Bad. La version française jouera à Super Écran au printemps.

Je vous ai écouté et j’ai donc enclenché Your Honor, rempli de bonne foi. Eh, boy. Comment dire ? Le premier épisode est looong, lourd et épuisant. Il renferme une séquence d’accident d’auto qui dure beaucoup trop longtemps, avec beaucoup trop de sang.

Honnêtement, je n’ai pas tant le goût de découvrir la suite. Pourtant, sur papier, l’histoire de Your Honor promet. Le fils d’un juge réputé de La Nouvelle-Orléans frappe un motocycliste avec sa voiture et le tue. Au lieu d’attendre les secours sur place, le jeune homme fuit la scène de l’accident et tente d’effacer les traces de son passage.

Pris de remords, le fils se confie à son papa juge (Bryan Cranston), qui l’amène au poste de police. C’est ici que l’histoire pivote. Le juge apprend que la victime tuée par son fils est l’enfant de l’un des criminels les plus dangereux de la ville. Houla. Changement de plan : pas question de se livrer aux enquêteurs.

Comme il connaît bien le système, le « bon » juge fait disparaître les preuves incriminantes pour son fils et tentera de faire porter le blâme à un innocent.

C’est peut-être l’ambiance de déprime actuelle, mais l’aspect glauque et oppressant de la série n’aide pas du tout sa cause. Entre ça et un film quétaine où une princesse d’un royaume imaginaire tombe amoureuse du fils illégitime du père Noël, j’opte pour le deuxième choix, votre honneur. Séance levée.