Presque de la fausse représentation, ce programme de l'Orchestre Métropolitain qui promettait - et je cite - «Extraits d'opéras dont l'action se situe dans le temps de Noël».

Mis à jour le 14 déc. 2009
Claude Gingras LA PRESSE

On devait y entendre cette touchante scène de Werther où les enfants répètent un cantique de Noël, mais cela avait mystérieusement disparu du menu. Deux scènes de La Bohème, dont une partie du scénario se déroule effectivement autour du 25 décembre, étaient finalement les seuls éléments correspondant à ce qui était annoncé. Le reste n'avait absolument rien à voir avec Noël. Quel rapport entre Carmen et Noël? Entre Die Zauberflöte et Noël? Pourquoi pas Samson et Dalila tant qu'à y être? Et ce n'est pas parce qu'on monte Hänsel und Gretel à cette période-ci de l'année que la chose «se situe dans le temps de Noël» (pour reprendre les mots de l'OM).

Ce que nous avons vu et entendu hier après-midi dans le sanctuaire de l'église Saint-Jean-Baptiste se ramenait donc à un simple concert d'extraits d'opéras d'une durée de deux heures.

Là encore, il y a un lien qui m'échappe. Une église n'est pas une salle de spectacle. Bruckner à SJB, je veux bien, mais hier, certaines pièces mettaient en scène des chanteuses et des situations qui, il n'y a pas si longtemps, auraient scandalisé les foules. Ainsi, cette Carmen proéminente et racoleuse qui se pavanait dans le saint lieu, ou encore ces deux couples de La Bohème dont l'un se bécotait et l'autre se disputait.

Des sept chanteurs en présence, tous de l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal, je retiens deux noms: Suzanne Rigden, soprano coloratura qui a donné presque à la perfection les notes suraiguës de la Reine de la nuit et de la poupée mécanique Olympia, et Aaron Ferguson, ténor léger ayant exactement la transparence de Tamino. Caroline Bleau était plus en forme que dimanche dernier au Gala de l'OdM. La chorale de l'école Pierre-Dupuy compléta le programme avec des chants de Noël.

Présentement à New York où il répète Carmen pour ses débuts au «Met» le 31 décembre, Yannick Nézet-Séguin était remplacé hier par le Montréalais Giuseppe Pietraroia. Petit de taille lui aussi mais très attentif à tout, le chef invité fit bien sonner l'orchestre et suivit de près les chanteurs.

 

 

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ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN. Chef invité: Giuseppe Pietraroia. Hier après-midi, église Saint-Jean-Baptiste. Reprise ce soir, 20 h, maison de la culture Mercier.