L'examen des dépenses des organismes culturels continue de faire bondir le Bloc québécois à Ottawa. Avec Radio-Canada, le Conseil des arts et l'ONF risquent de voir leur budget amputé de 5 % l'an prochain, une situation inacceptable selon les bloquistes.

Mario Cloutier LA PRESSE

«On sent partout l'espèce de hargne des conservateurs contre les organismes culturels et les artistes. Ils sont en train de détruire des décennies d'efforts et d'établissement de la créativité des organismes québécois et canadiens. C'est dangereux», pense la critique du Bloc en matière de culture, Carole Lavallée.

Elle explique que le Bloc québécois est d'accord avec le principe d'un examen stratégique des dépenses et le montant de 5 % lui semble une cible raisonnable, mais le problème est ailleurs, dit la député de Saint-Bruno - Saint-Hubert.

«Ce gouvernement, par idéologie, veut absolument couper partout, croit-elle. Il a coupé des programmes, mais là il passe la tronçonneuse. Rendu à l'os, ça fait mal. On demande une exemption pour les organismes culturels ou l'assurance que le 5 % sera réinvesti dans les organismes en question.»

En outre, un examen stratégique qui se traduirait par des compressions empiète visiblement sur l'indépendance nécessaire des organismes culturels.

«Ce qui est établi depuis toujours c'est qu'il y a une distance entre le gouvernement et les organismes. Le gouvernement contribue financièrement à ces sociétés, mais ne doit pas leur dire comment dépenser les budgets.»

Elle affirme que le gouvernement Harper a créé des trous béants dans son offre de subventions à la culture, notamment pour les tournées à l'étranger, mais aussi par ce qui se passe à Radio-Canada.

«En supprimant 800 postes à Radio-Canada, précise-t-elle, il ne faut pas oublier que cela touche à 3200 emplois indirects. Avec 5 % de coupes supplémentaires, il en va de la survie de l'art et de la culture.»

Au Conseil des Arts, cet examen survient au moment où la Vérificatrice générale, Sheila Fraser, vient d'apposer son sceau de qualité sur la gestion que fait l'organisme des fonds publics.

«C'est assez ironique que ça arrive en même temps, constate Mme Lavallée. Je dis au gouvernement: lâchez les organismes culturels. Ils vont mourir.»

Téléfilm Canada, a d'ailleurs appris La Presse, fera lui aussi l'objet d'un examen spécial de la Vérificatrice générale en 2009-2010. Le budget du bailleur de fonds fédéral du cinéma et de la télévision a déjà fondu de 2,5 millions en un an, passant de 107,1 à 104,6 millions.