L'Association des professionnels en philanthropie section Québec a dévoilé le 15 novembre dernier, à l'occasion de la Journée internationale de la philanthropie, les lauréats de ses prix de l'année.

Publié le 16 nov. 2016
LA PRESSE

Pierre Bruneau, chef d'antenne au réseau TVA, a reçu un hommage spécial. En 1990, à la suite du décès de son fils Charles, se joignent à lui des parents et amis d'enfants atteints de cancer pour mettre sur pied la Fondation Charles-Bruneau. Les activités de collecte de fonds et l'appui de généreux partenaires permettent, cinq ans plus tard, l'ouverture du Centre de cancérologie Charles-Bruneau du CHU Sainte-Justine. Ce centre dessert l'ensemble de la population québécoise et accueille annuellement près de 1100 enfants atteints de cancer.

Aujourd'hui, la Fondation Centre de cancérologie Charles-Bruneau est présente au sein des quatre CHU desservant une clientèle en oncologie pédiatrique au Québec soit au CHU Sainte-Justine, au CHUS à Sherbrooke, au CHU de Québec et à l'Hôpital de Montréal pour enfants. Tous les enfants atteints de cancer au Québec sont désormais traités dans un centre ou une unité Charles-Bruneau.

Depuis la création de la Fondation, Pierre Bruneau s'investit pleinement en participant, entre autres, chaque année, au Tour CIBC Charles-Bruneau. Il a aussi atteint les sommets du Kilimandjaro à deux reprises, ceux du camp de base de l'Everest, du Machu Picchu et de la Grande Muraille de Chine. En 2012, il reçoit l'insigne de l'Ordre du Canada.

            John A. Rae, vice-président exécutif chez Power Corporation du Canada, a reçu le prix Bénévole par excellence. Au cours des 15 dernières années M. Rae a présidé la campagne Les meilleurs soins pour la vie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), un partenariat regroupant les fondations membres du CUSM. À ce titre, il a collaboré étroitement à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la stratégie qui a permis l'atteinte de l'objectif de 300 millions de dollars. Il s'agit de la plus importante et plus ambitieuse campagne de financement de toute l'histoire du CUSM. John A. Rae et son épouse Phyllis ont eux-mêmes fait deux importantes contributions financières à la campagne.

La campagne a soutenu le projet de redéploiement du CUSM, incluant la construction d'un nouvel hôpital de pointe et la rénovation d'hôpitaux existants. Ce projet essentiel a permis au CUSM de regrouper les soins pédiatriques et les soins aux adultes, ainsi que la recherche, au même endroit - une première au Canada - et de transformer la façon dont il offre les soins à la collectivité.

M. Rae a aussi travaillé en étroite collaboration avec la Fondation du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) pour mener à bien la campagne conjointe auprès des entreprises, une division de la campagne Les meilleurs soins pour la vie, qui soutient la construction des nouveaux hôpitaux du CUSM et du CHUM.

En plus de soutenir la Fondation du CUSM depuis de nombreuses années, M. Rae et son épouse soutiennent de nombreuses autres causes au sein d'institutions comme l'Institut de cardiologie de Montréal et l'Université Queen's, où il a été président du conseil des fiduciaires et membre du cabinet de campagne.

Liana Adam, ambassadrice, Opération Enfant Soleil, a reçu le prix Jeunesse par excellence en philanthropie - moins de 18 ans. Elle a 14 ans et est atteinte d'amyotrophie spinale et d'ostéopénie, a subi de multiples interventions et traitements afin de pouvoir mieux vivre avec son handicap. Cette jeune chanteuse compte aujourd'hui trois albums à son actif, vendus au profit d'Opération Enfant Soleil, auxquels ont contribué plusieurs artistes dont Ima et Marc Dupré. À titre d'ambassadrice de l'organisme, elle organise ou participe régulièrement à des activités de collecte de fonds. Depuis 2013, cette jeune philanthrope y a versé plus de 10 000$, dont 3386$ lors du Téléthon Opération Enfant Soleil de l'an dernier. Elle a été nommée « Enfant Soleil » de la région de la Montérégie en 2014.

Samuel Fleurent Beauchemin, 26 ans, a reçu le prix Jeunesse par excellence en philanthropie - 18 à 35 ans. Il a créé la Fondation le pont vers l'autonomie en 2013, inspiré par son frère Guillaume atteint de la dystrophie musculaire de Duchenne. L'objectif était alors d'amasser 50 000$ afin de lui procurer un bras robotisé d'assistance afin d'augmenter son autonomie au quotidien. Malgré le décès de Guillaume en 2014, deux semaines après l'acquisition du bras robotisé, Samuel a persévéré afin d'aider d'autres personnes vivant avec des limitations physiques sévères. Impliqué à titre bénévole pour la Fondation pendant trois ans, il a permis à la Fondation d'amasser plus de 450 000$ lors des dizaines d'activités de collecte de fonds. Neuf bras robotisés ont ainsi été fournis pendant cette période. En 2016, Samuel a complété un certificat en gestion philanthropique à l'Université de Montréal. En janvier, son conseil d'administration l'a nommé directeur général afin qu'il puisse se consacrer à la cause à temps plein. La Fondation lancera cette année une campagne annuelle des plus ambitieuses : 500 000$. D'ici 2020, elle souhaite fournir, chaque année, un bras d'assistance robotisé à 20 personnes vivant avec des limitations physiques sévères.

Vigilant a reçu le prix Entreprise par excellence - moins de 250 employés. Au cours de la dernière année seulement, l'entreprise a soutenu l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal (le Neuro), Kids Code Jeunesse, Robotique FIRST Québec, Fusion Jeunesse et la fondation Love of Reading de l'entreprise Indigo. Entreprise montréalaise de recherche et développement (R.‑D.) et de technologie de l'information axée sur la technologie de pointe, Vigilant a aussi un important programme de dons en nature. Au cours de la dernière année, elle fournit du soutien fondamental au Neuro afin que les chercheurs puissent mettre au point le tout premier atlas en 3D du cerveau. L'entreprise a également offert de l'équipement à faisceau hertzien au Pearson Electrotechnology Centre (centre d'électrotechnologie), à Lachine, afin que les étudiants puissent suivre un cours de radiocommunication qui n'est offert dans aucun autre établissement d'enseignement au Canada. En plus d'offrir à ses employés 40 heures rémunérées pour faire du bénévolat auprès d'organismes locaux de leur choix, l'entreprise elle-même organise des activités bénévoles, ce qui se traduit par des milliers d'heures consacrées au bénévolat.

Canderel a reçu le prix Entreprise par excellence - 250 employés et plus. En 1989, elle a lancé le Défi Canderel. Une fois par année, des douzaines d'équipes représentant des entreprises et d'autres organismes courent dans les rues du centre-ville de Montréal afin d'amasser des fonds pour la recherche sur le cancer. Le Défi Canderel a permis jusqu'ici de verser plus de 12 millions de dollars au Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman de l'Université McGill et à l'Institut du cancer de Montréal de l'Université de Montréal. Il est aujourd'hui une importante source de financement pour la recherche de pointe sur le cancer à Montréal.

Les fonds amassés par le Défi ont contribué directement à la réalisation de projets de recherche à haut risque et à haut rendement, dont les données préliminaires sont utilisées pour obtenir des subventions concurrentielles. Le soutien du Défi permet également au Centre de recruter au sein de la faculté de nouveaux membres, mais aussi d'offrir des bourses permettant d'attirer et de soutenir les meilleurs étudiants diplômés et les boursiers postdoctoraux. Les fonds versés par le Défi ont financé 15 bourses de recherche novatrice, 483 bourses permettant à des chercheurs d'assister à des conférences au pays et à l'étranger pour y présenter les résultats de leurs recherches, 105 bourses d'études et 42 bourses de recherche postdoctorale.

En 2005, la Banque CIBC a remis au Défi Canderel le prix communautaire Esprit de leadership pour souligner son dévouement en vue d'unir les communautés et de les encourager à amasser des fonds pour la recherche sur le cancer.

Le fondateur, président et directeur général de l'entreprise, Jonathan Wener, a été président de l'Hôpital général juif de Montréal et est aujourd'hui vice-président du Conseil des gouverneurs et membre du Conseil exécutif de l'hôpital. Il a aussi siégé à plusieurs autres conseils d'administration, dont ceux de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal, du Festival des arts de Saint-Sauveur, du Centre Segal des arts de la scène et de l'Institut Fraser. En janvier 2015, Jonathan Wener a été nommé chancelier de l'Université Concordia, son alma mater.

La Fondation Marcelle et Jean Coutu a reçu le prix Philanthrope par excellence. Figurant parmi les plus importantes fondations familiales au Canada, la Fondation

a soutenu des organisations qui viennent en aide aux enfants vulnérables et leurs familles, aux personnes démunies ou toxicomanes ou encore aux femmes et aux enfants maltraités. De l'Inde à Haïti, en passant par le Pakistan et le Mali, la Fondation a travaillé avec les villageois pour contribuer à la satisfaction des besoins fondamentaux des familles locales.

Lucie Rémillard a reçu le prix Carrière exceptionnelle en philanthropie. Elle a été impliquée à la Jeune Chambre de commerce de Montréal, Centraide du Grand Montréal, l'Institut neurologique de Montréal, la Fondation CHU Sainte-Justine et à l'Hôpital Américain de Paris. Lors de son passage en France, elle a présidé à la création de United Way Tocqueville France, le premier Centraide en Europe de l'Ouest et a été parmi les 12 leaders mondiaux qui ont conseillé United Way Worldwide pour son implantation internationale. De retour en sol canadien, elle poursuit le travail entamé et agit à titre de conseillère stratégique pour le développement de grands organismes d'ici et d'ailleurs.

Elle a contribué à élever le niveau d'engagement philanthropique partout au Québec. Elle a été l'instigatrice de la création de la section québécoise de l'Association des professionnels en philanthropie (AFP) et a participé activement au développement de la profession ici et en France.

Joan Ivory, bénévole à l'Université McGill, a reçu le prix Coup de coeur du jury. Bénévole active depuis plus de 55 ans, elle a jusqu'ici consacré plusde 30 000 heures aux causes qui lui tiennent à coeur. Joan Ivory a versé son premier don à son alma mater, l'Université McGill, en 1954, l'année où elle a obtenu son diplôme, et a fait des dons presque chaque année par la suite. Toujours prête à répondre aux besoins et aux priorités de l'Université, elle consacre temps et argent pour soutenir les programmes et les activités, en particulier ceux axés sur la médecine et la musique. Elle a siégé au conseil d'administration du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et à celui de la Fondation du CUSM, de même qu'aux conseils d'administration de l'Hôpital Royal Victoria, de l'Institut thoracique de Montréal (ITM) et de la Fondation de l'ITM, qu'elle a présidé dans ce dernier cas. Au sein des conseils d'administration du CUSM et de la Fondation du CUSM, elle a contribué à diverses initiatives de financement (dont la campagne Les meilleurs soins pour la vie, et plus spécifiquement le projet de réaménagement du site Glen) pour soutenir la recherche en santé et la prestation des soins de santé ainsi que la formation des jeunes professionnels de la santé.

Joan Ivory a également joué un rôle actif au sein des conseils d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal, du Ballet national du Canada, du Concours international d'orgue du Canada, de PBS Québec et de la Fondation de l'école The Study. Elle est membre de longue date du Conseil consultatif de l'École de musique Schulich de l'Université McGill et est à l'origine du succès du projet de banque d'instruments de musique de l'École, projet dans lequel elle s'est investie dès qu'elle a appris que l'orchestre symphonique de McGill ne pouvait jouer certaines compositions faute d'avoir les instruments nécessaires.

En reconnaissance de son travail et de sa capacité à inspirer et motiver les autres, l'Association des anciens étudiants de McGill a décerné à Joan Ivory le prix E. P. Taylor, en 2008, et le prix pour services exceptionnels, en 2016. La Fédération canadienne des amis des musées et l'Association des musées canadiens ont également reconnu son important travail bénévole en lui remettant le Prix du bénévolat muséal. Elle est également lauréate du Sheila & Victor Goldbloom Distinguished Community Service Award, un prix reconnaissant des services exceptionnels rendus à la collectivité, et, en 2014, elle a été nommée membre de l'Ordre du Canada.