Michèle Prévost, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal, a été élue le 13 août dernier Fellow de l’Académie canadienne de génie (ACG) en raison de ses réalisations exceptionnelles et de ses longs états de service dans le domaine de l’eau potable.

La Presse

Élus par leurs pairs au sein de l’Académie canadienne du génie, les Fellows sont considérés comme des ingénieures et des ingénieurs parmi les plus expérimentés au Canada qui manifestent leur dévouement en faveur de l’application des principes de la science et du génie dans l’intérêt du pays et de ses entreprises.

« Michèle Prévost est une experte mondiale reconnue de l'eau potable, de la source au robinet. En tant que titulaire de la Chaire industrielle en eau potable, la professeure Prévost a contribué de manière exceptionnelle à cette discipline en trouvant des solutions innovantes pour traiter et distribuer l'eau potable et en fournissant des preuves pour l'élaboration de normes de qualité de l'eau efficaces », souligne l’ACG.

« Ses travaux de recherche sont menés en partenariat étroit avec des producteurs d'eau potable, des fournisseurs de technologies, des agences gouvernementales et des municipalités pour proposer des solutions durables. Reconnue comme une chef de file mondiale, son travail a eu des impacts mesurables au Canada et à l'échelle internationale, contribuant à l'amélioration de la qualité de l'eau potable et à la protection de la santé publique. » Michèle Prévost compte plus de trente années d'expérience en recherche et en développement technologique dans les domaines du traitement et de la distribution d'eau potable. Diplômée au baccalauréat en ressources renouvelables de l’Université McGill, elle détient une maîtrise en génie civil ainsi qu’un doctorat en génie de l’environnement de Polytechnique Montréal. Michèle Prévost a débuté sa carrière en enseignement à Polytechnique en 1992 à titre de professeure adjointe. Elle a été élevée au rang de professeure agrégée en 1995, puis au rang de professeure titulaire en 1999.

Depuis 1992, la professeure Prévost est titulaire de la Chaire de recherche industrielle du CRSNG (Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada) en eau potable au Département des génies civil, géologique et des mines, dont les travaux ont trait à la protection des sources d'eau potable, aux procédés novateurs de traitement ainsi qu’à la qualité de l'eau dans les réseaux de distribution. En 2003, elle a fondé le Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés en traitement des eaux (CREDEAU), dont les thèmes de recherche rejoignent l’ensemble du cycle de l’eau et incluent le traitement de l'eau potable, l’hydraulique et la gestion des réseaux de collecte et de distribution d'eau, le traitement des eaux usées ainsi que la gestion des boues et des odeurs. Ce centre de recherche est le fruit d’un consortium de Polytechnique Montréal, l'Université de Montréal, l'École de technologie supérieure et l’Université McGill.

La professeure Prévost concentre ses travaux de R&D sur la protection des sources, le traitement de l'eau et divers aspects des réseaux de distribution. Récemment, elle a réalisé de grandes initiatives canadiennes telles que le programme de réduction de plomb au robinet par une série d'études de laboratoire, de terrain et épidémiologiques, ce qui a mené à un resserrement important des normes de plomb. Depuis 2009, elle dirige la recherche coopérative canadienne sur le traitement des algues bleues-vertes (cyanobactéries) pour identifier des solutions innovantes d’élimination des toxines dans l’eau potable.

Ses travaux récents sur la légionelle, première cause d’infections associées à l’eau potable, visent à identifier les stratégies efficaces de prévention dans les réseaux d’eau et les tours aéroréfrigérées. En étroite collaboration avec les gestionnaires de bâtiments, les régulateurs publics et les établissements de santé, la professeure Prévost a réalisé plusieurs études montrant que l’implantation de mesures d’économie d’eau et d’énergie augmentent les risques d’éclosions de légionellose. Plusieurs gestionnaires de bâtiments, dont des hôpitaux, ont déjà adopté les stratégies identifiées par ses travaux pour prévenir des infections et éclosions de légionellose. Ses données probantes ont aussi contribué à la formulation de normes et règlements efficaces au Canada et à l’international, au consensus scientifique des National Academies of Sciences of Engineering & Medicine (NASEM) sur la gestion de la légionelle, ainsi qu’aux procédures de remise en service sécuritaire des bâtiments à la suite de fermetures causées par la pandémie de la COVID-19.

Outre le titre de Fellow de l’Académie canadienne du génie, Michèle Prévost a reçu plusieurs prix et distinctions, en reconnaissance de ses activités de recherche et de sa contribution au génie, au cours des dernières années.

En 2017, elle a reçu le 32e prix Michel-Jurdant en sciences de l’environnement de l’Acfas, un organisme à but non lucratif qui est voué à l’avancement des sciences au Québec et dans la francophonie au Canada. Ce prix est attribué chaque année à une chercheuse ou à un chercheur pour souligner l'excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions dans le domaine des sciences de l’environnement.

En 2016, la professeure Prévost a obtenu le prix A.P. Black Research Award de l'American Water Works Association (AWWA), une association internationale à but non lucratif, scientifique et pédagogique qui est vouée à l’amélioration de la qualité et de l'approvisionnement en eau. Ce prix reconnaît les contributions exceptionnelles d’une personne à la recherche scientifique dans le domaine de l'eau et de l'approvisionnement en eau, tout au long de sa carrière. C’était la première fois depuis sa création que ce prix était décerné à une chercheuse ou un chercheur québécois.

Également, en 2015, elle a reçu le Prix Hubert Demard de l’association Réseau Environnement, qui rassemble des expertes et des experts des domaines public, privé et parapublic qui œuvrent dans les secteurs de l’eau, des matières résiduelles, de l’air, des changements climatiques, de l’énergie, des sols, des eaux souterraines et de la biodiversité. Ce prix est décerné annuellement à une personne en reconnaissance de sa contribution et de l’ensemble de sa carrière dédiée à une cause environnementale.

Michèle Prévost est la 31e personne à obtenir cette distinction dans l’histoire de Polytechnique. Elle est également la deuxième femme à recevoir cet honneur, la première étant Michèle Thibodeau-DeGuire, ancienne présidente du conseil d’administration de Polytechnique Montréal, en 1991.