(Pékin) Les ventes de téléphones intelligents dans le monde ont été pénalisées au deuxième trimestre par des pénuries de composants électroniques, selon une étude publiée jeudi, tandis qu’en Chine les déboires de Huawei ont pesé sur le marché.

Agence France-Presse

Entre avril et juin, 316 millions de téléphones portables ont été vendus à travers le monde, d’après le cabinet d’études spécialisé Canalys.  

Il s’agit d’une hausse de 11 % sur un an, mais d’un repli de 9 % par rapport aux ventes du trimestre précédent.

Les fabricants ont « peiné à sécuriser des composants clés pour répondre à la demande », notamment des puces électroniques indispensables pour les téléphones, souligne Ben Stanton, analyste de Canalys.  

Compte tenu de perturbations sur les chaînes d’approvisionnement amenées à se poursuivre ces prochains mois, « les grandes marques définissent déjà des priorités » par zones géographiques, remarque M. Stanton.

Avec 58 millions de téléphones écoulés au deuxième trimestre, le sud-coréen Samsung reste le premier vendeur mondial de téléphones intelligents.  

Il est désormais suivi par le chinois Xiaomi, qui ravit la seconde place à l’américain Apple.

Au deuxième trimestre, Xiaomi a vu ses ventes bondir de 88 % sur un an (52,8 millions d’appareils vendus).  

Un an plus tôt, son compatriote Huawei devenait le premier fabricant mondial de téléphones intelligents.  

Visée par des sanctions américaines, la marque n’est désormais plus parmi les cinq plus gros fabricants mondiaux de téléphones, y compris en Chine où elle a longtemps dominé le marché, d’après Canalys.

Huawei s’était retrouvé dans le collimateur de l’ex-administration Trump, qui l’avait accusé d’espionnage potentiel au profit de Pékin.

Le groupe est depuis placé sur liste noire, ce qui l’empêche d’acquérir des technologies américaines indispensables à ses téléphones.

Il a ainsi été contraint en novembre de céder Honor, une marque de téléphones intelligents d’entrée de gamme. Cette cession explique aussi en partie le repli des ventes totales de Huawei au deuxième trimestre.

Conséquence : en Chine, les marques se livrent à une « concurrence féroce » pour remplacer Huawei, relève Canalys.

Dans le pays asiatique, le classement est dominé par les marques locales Vivo, Oppo et Xiaomi, qui totalisent à elles trois 62 % de part de marché.

Apple est quatrième avec 10 % de part de marché et 7,9 millions d’appareils vendus au deuxième trimestre.

Le marché chinois s’inscrit toutefois en repli de 17 % sur un an.