Le nombre de propriétés à vendre a augmenté pour le cinquième mois consécutif dans la région montréalaise, « ce qui est symptomatique d’un changement de tendance », signale l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) dans un communiqué.

Mis à jour le 3 juin
André Dubuc
André Dubuc La Presse

À 11 304, le nombre d’inscriptions en vigueur en mai 2022 dépasse le niveau de mai 2021, où on comptait 11 269 pancartes à vendre.

« Les mois d’avril, mai et juin sont les plus significatifs en termes d’activités sur le marché de la revente, explique au téléphone Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché de l’APCIQ. Il est normal que le stock des propriétés à vendre diminue à cette période de l’année. Historiquement, quand l’inverse se produit, c’est un signe avant-coureur d’un ralentissement du marché. »

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Charles Brant, directeur du service de l’analyse du marché à l’APCIQ

APCIQ a dévoilé ses statistiques de mai vendredi. Elles sont établies à partir des données de Centris, base de données provinciale des courtiers immobiliers.

« Jamais autant de nouvelles propriétés n’ont été mises en vente dans la région de Montréal pour cette période de l’année depuis 2014. Il s’agit ainsi de la première fois depuis 2015 que le marché de la RMR de Montréal enregistre une hausse de son inventaire de propriétés sur le marché pour cette période de l’année », lit-on dans le communiqué de l’APCIQ.

« Problème d’abordabilité »

Au total, 4874 ventes ont été enregistrées en mai dans la RMR, une diminution de 9 % par rapport à mai 2021. « Ce ralentissement s’inscrit dans une tendance baissière établie l’été dernier et qui s’explique par un problème d’abordabilité plutôt que de manque de fournitures », d’après l’APCIQ.

Les maisons ont vu leurs ventes diminuer de 7 %, tandis que les copropriétés ont vu les leurs décliner de 10 %. La chute est de 17 % dans les plex (2 à 5 logements).

« Les changements observés dans la dynamique du marché sont justement expliqués par les niveaux très élevés des prix conjugués à une hausse rapide des taux d’intérêt, qu’ils soient fixes ou variables. Avec la nouvelle hausse de 50 points de base opérée le 1er juin par la Banque du Canada, il va devenir de plus en plus difficile de se qualifier pour obtenir un prêt hypothécaire dans la région de Montréal. Les fortes hausses de prix vont ainsi devenir de plus en plus anecdotiques au cours des prochains mois avec un niveau de surenchères qui est appelé à s’estomper », avance M. Brant, dans le communiqué de l’Association.

Sur une base annuelle, les prix médians ont continué de monter, mais moins rapidement. En revanche, le prix des maisons s’est stabilisé depuis deux mois, une première depuis juin 2021. Le prix des plex aussi a reculé en mai par rapport au mois précédent.

En savoir plus

  • +16 %
    Variation du prix médian des unifamiliales par rapport à mai 2021
    Source : Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec