Rogers Sugar investit 160 millions de dollars pour accroître l’approvisionnement de sucre dans l’est du Canada, en réponse à une demande croissante des producteurs d’aliments de l’Ontario et du Québec.

Publié le 12 août
Delphine Belzile
Delphine Belzile La Presse

L’entreprise canadienne, qui se spécialise dans le raffinement du sucre, a annoncé jeudi matin son intention d’accroître la capacité de raffinage de son usine de Montréal pour hausser sa production jusqu’à 100 000 tonnes métriques de plus annuellement. Il s’agit d’une augmentation de 15 % de la capacité de raffinage de l’usine.

Rogers Sugar désire également agrandir ses infrastructures de logistique et développer le réseau ferroviaire qui relie le centre de distribution de Toronto à Montréal. Ces projets nécessitent un investissement estimé à 160 millions de dollars, selon l’entreprise.

PHOTO MORGANE CHOQUER, LA PRESSE

Sucrerie Lantic, à Montréal

La demande de sucre raffiné dans l’est du Canada croît depuis quelques années, dit-il. Au troisième trimestre de son exercice financier 2022, Rogers Sugar enregistrait une augmentation de 6,7 % du volume des ventes de sucre par rapport à la même période en 2021, indique le dernier rapport financier de l’entreprise.

À ce jour, l’Ouest canadien doit fournir des producteurs d’aliments du Québec et de l’Ontario qui distribuent leurs produits sur le marché nord-américain. Ainsi, le projet d’agrandissement de l’usine de Montréal assurera l’approvisionnement en sucre raffiné des clients dans les provinces de l’Est, indique Jean-Sébastien Couillard.

Il n’y a pas d’exportations prévues à l’étranger. La « nouvelle » production à Montréal est destinée aux producteurs de la région. Seulement 25 % de la production totale de l’usine de Montréal sera envoyée à Toronto pour le marché ontarien, précise le vice-président aux finances.

Le sucre brut provient notamment du Brésil et est déchargé au port de Montréal pour être ensuite raffiné dans l’usine de la métropole, le long du boulevard Notre-Dame, explique Jean-Sébastien Couillard. D’ici deux ans, Rogers Sugar prévoit intégrer la production supplémentaire sur le marché canadien.

Par ailleurs, des cargaisons de sucre brut sont aussi raffinées à Vancouver. Rogers Sugar détient également une usine de traitement des betteraves à sucre à Taber, en Alberta, ainsi qu’une gamme de produits de l’érable. L’usine de raffinement de Montréal produit plus de 60 % de la production totale de l’entreprise, dit M. Couillard.

Il précise également que l’agrandissement de l’usine de Montréal et le développement des infrastructures à Toronto vont consolider et créer des emplois dans les deux métropoles. Il est encore tôt pour avoir les chiffres exacts, selon lui.

Un « solide rendement »

Rogers Sugar a également annoncé jeudi un « solide rendement » dans le secteur du sucre. Le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) ajusté de l’entreprise canadienne s’élève à plus de 23 millions de dollars pour son troisième trimestre, selon le dernier rapport financier. Il s’agit d’une hausse de 5,9 millions par rapport au troisième trimestre 2021.

« La demande de sucre raffiné canadien est demeurée très forte au troisième trimestre de l’exercice 2022, et nous prévoyons qu’elle se maintiendra dans un avenir prévisible, car la conjoncture du marché demeure favorable », a affirmé Mike Walton, président et chef de la direction de Rogers et de Lantic, cité dans un communiqué.

Cette recrudescence s’explique notamment par le succès des productions et des ventes dans le secteur du sucre. On y enregistre un BAIIA ajusté de 20 millions au cours du troisième trimestre, plus de 5,7 millions de plus qu’à la même période l’an dernier.

Considérant l’état du marché dans le secteur du sucre, Rogers Sugar prévoit atteindre les 785 000 tonnes métriques vendues d’ici la fin de l’année 2022, soit 10 000 tonnes métriques de plus qu’en 2021.