(Ottawa) Novavax attend patiemment le feu vert de Santé Canada sur deux fronts avant d’entreprendre la production de son vaccin contre la COVID-19 dans les nouvelles installations du Conseil national de recherches Canada (CNRC) à Montréal.

Publié le 28 janvier
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

D’une part, les nouvelles installations, financées par le gouvernement fédéral, doivent faire l’objet d’un examen minutieux de la part de Santé Canada pour s’assurer qu’elles soient conformes aux normes de production de vaccins et de médicaments.

D’autre part, Santé Canada doit approuver le vaccin contre la COVID-19 que compte y produire Novavax. L’approbation du vaccin à deux doses, qui a déjà obtenu la bénédiction de l’Organisation mondiale de la santé en décembre dernier, pourrait survenir au cours des prochaines semaines, a indiqué le sous-ministre de la Santé, Stephen Lucas, la semaine dernière, durant un témoignage devant un comité parlementaire.

Mais dans les deux cas, les autorités fédérales et la société pharmaceutique américaine refusent de fixer un échéancier précis étant donné que certaines décisions sont indépendantes de leur volonté. Résultat : il faudra s’armer quelque peu de patience encore avant d’assister à la production des premières doses du vaccin dans les installations de Montréal.

Au départ, le premier ministre Justin Trudeau avait indiqué, en confirmant des investissements fédéraux de 126 millions de dollars dans l’agrandissement des installations du CNRC l’an dernier, que l’entreprise serait en mesure de commencer à produire son vaccin d’ici la fin de décembre 2021, une fois les installations construites et certifiées.

Deux millions de doses par mois

En principe, Novavax estime être en mesure de produire environ 2 millions de doses de son vaccin par mois dans les installations montréalaises.

« Le processus nécessaire pour lancer la production commerciale est rigoureux et comporte de multiples étapes, dont la mise en service, la qualification et la validation, l’obtention d’une licence d’établissement de médicaments de Santé Canada et la réalisation d’essais techniques pour produire des lots d’essai », a indiqué Laurie Bouchard, porte-parole du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, dans un courriel à La Presse.

Toutes ces étapes sont nécessaires pour garantir que l’installation répond aux standards les plus élevées pour s’assurer que la production va être sécuritaire et de qualité, et également que les vaccins produits au Canada sont systématiquement sûrs et efficaces pour l’usage humain.

Laurie Bouchard, porte-parole du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne

La même prudence est de mise chez la société pharmaceutique, dont le siège social est au Maryland. « Novavax continue de travailler avec le gouvernement du Canada et le CNRC pour transférer la technologie et valider la fabrication du NVX-CoV2373. Les travaux pour mettre en service ces installations progressent conformément aux attentes. Nous sommes impatients d’intégrer ces installations dans notre programme d’approvisionnement de vaccins », a indiqué la société dans une déclaration écrite à La Presse.

Le vaccin de Novavax est à base de protéines, tandis que ceux de Pfizer et de Moderna s’appuient sur la technologie à ARN messager. Les essais cliniques menés par Novavax ont démontré que son vaccin est efficace à 90 %, soit tout autant que ceux des deux autres sociétés pharmaceutiques.

En coulisses, on reconnaît que Novavax jouera un rôle secondaire dans la présente lutte contre la pandémie de COVID-19. Le gouvernement fédéral a conclu l’an dernier des contrats avec les sociétés Pfizer et Moderna lui donnant accès à un nombre suffisant de doses de leurs vaccins pour offrir deux doses à l’ensemble de la population canadienne admissible ainsi qu’une dose de rappel.

Mais on souligne aussi que les installations du CNRC à Montréal permettront éventuellement de produire tout autre vaccin que mettra au point Novavax pour traiter d’autres virus ou maladies.

Cela fait d’ailleurs partie de la stratégie du gouvernement Trudeau visant à reconstruire le secteur de la biofabrication au pays.

« Une des initiatives clés de notre gouvernement pour renverser le déclin des 40 ans du secteur canadien de la bioproduction est notre collaboration avec Novavax pour établir une production de vaccins à la fine pointe de la technologie aux installations du CNRC à Montréal », a tenu à souligner la porte-parole du ministre Champagne.