(Toronto) Cineplex a déposé un appel incident demandant des dommages-intérêts alternatifs plus élevés si un tribunal annule une décision qui a forcé Cineworld, ancien prétendant de la compagnie exploitant des salles de cinéma, à lui payer 1,24 milliard.

Mis à jour le 28 janvier
Tara Deschamps La Presse Canadienne

Dans des documents déposés auprès de la Cour d’appel de l’Ontario, Cineplex soutient qu’elle devrait se voir accorder plus de 2,8 milliards en dommages-intérêts en raison de sa baisse de valeur et de sa perte de performance après que Cineworld ait décidé de mettre fin en juin 2020 à un accord de 2,18 milliards de dollars pour l’acquérir.

Si le tribunal se prononce en faveur de Cineworld, Cineplex, basée à Toronto, souhaite que le géant britannique du cinéma, renonce à 1,1 milliard en avantages qu’il a reçus, lorsque l’acquisition a été résiliée.

Cineplex, qui a refusé de commenter cette affaire parce qu’elle est devant les tribunaux, a affirmé qu’une cession de ces fonds devrait être ordonnée pour « empêcher Cineworld de profiter de ses actes répréhensibles, tandis que Cineplex se retrouve sans réparation suffisante ».

Cineworld a déclaré dans un communiqué qu’il n’est pas d’accord avec l’appel incident, mais qu’il y répondra et ne paiera aucun dédommagement pendant que l’affaire est en cours.

La demande de Cineplex arrive en réponse à un appel que Cineworld a déposé plus tôt ce mois-ci qui affirmait que la juge Barbara Conway avait commis des « erreurs de droit extractibles », lorsqu’elle a tranché en faveur de Cineplex en décembre.

Le procès présidé par la juge Conway découlait de la décision de Cineworld en juin 2020 de mettre fin l’accord pour acquérir Cineplex, alors que la vente était sur le point de se conclure et que la pandémie de COVID-19 faisait rage.

Le groupe Cineworld a fait valoir qu’il était libre de rompre l’accord parce que Cineplex a reporté ses comptes créditeurs d’au moins 60 jours, réduit ses dépenses au « strict minimum » et cessé de payer les propriétaires, les studios de cinéma, les distributeurs de films et les fournisseurs au début de la pandémie.

En réponse, Cineplex a qualifié les plaintes de Cineworld de « rien de plus qu’un cas de remords de l’acheteur ».

Cineplex a déclaré que les actions que lui reproche Cineworld faisaient partie du cours normal des affaires des compagnies de cinéma pendant une pandémie et n’ont pas nui à sa réputation auprès des propriétaires et des studios.

Le 14 décembre, la juge Conway s’est rangée du côté de Cineplex et a rejeté les demandes reconventionnelles de Cineworld.

La décision de la juge Conway et les autres appels sont surveillés de près par la communauté juridique, car plusieurs pensent qu’ils révéleront comment les juges traiteront les accords touchés par la pandémie qui aboutiront à un litige.

L’affaire est essentielle pour Cineplex et Cineworld, car les deux chaînes ont vu leurs coffres se vider pendant la fermeture des salles de cinéma, des mesures restreignant la capacité et des licenciements de personnel alors que les responsables de la santé publique et les gouvernements tentaient de freiner la progression du virus.