La pression s’accentue sur le gouvernement Legault pour qu’il donne rapidement le feu vert à la réouverture des salles à manger. Dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Christian Dubé, restaurateurs et gens d’affaires réclament une reprise des activités le plus tôt possible.

Publié le 22 janvier
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

« Nous, c’est ça qu’on cherche : une annonce vite, avec une date », lance au bout du fil Martin Vézina, directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec (ARQ). M. Vézina n’a pas manqué de rappeler les assouplissements annoncés en Ontario jeudi qui permettront aux restaurateurs de reprendre leurs activités le 31 janvier.

S’il mise sur le 8 février pour permettre à ses membres d’être prêts à accueillir des clients en vue de la lucrative journée de la Saint-Valentin, M. Vézina affirme qu’il « ne déchirera pas sa chemise » si Québec leur permet d’ouvrir avant cette date.

« Suivant la même logique sur laquelle vous légitimez la réouverture des écoles et suivant l’annonce de l’ouverture prochaine des salles à manger en Ontario, nous vous demandons d’annoncer la réouverture des salles à manger des restaurants le plus rapidement », peut-on lire dans une lettre envoyée jeudi au ministre Dubé, que La Presse a pu consulter. Celle-ci est signée par des représentants de l’ARQ, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) ainsi que par deux distributeurs alimentaires, Colabor et Gordon.

Dans la lettre, on rappelle que seulement 14 % des entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration au pays « ont retrouvé leurs revenus normaux ». « L’endettement moyen pour un restaurant avec salle à manger au Québec atteint en moyenne 206 944 $ », écrit-on également.

Les signataires, qui ne remettent pas en question la réouverture des écoles, se demandent pourquoi les salles à manger, qui appliquaient des mesures sanitaires strictes, ne peuvent toujours pas accueillir de clients. « Dans les salles de classe, les élèves portent leur masque, mais ils mangent des collations, ils enlèvent leur masque, illustre en entrevue François Vincent, vice-président Québec à la FCEI. Et pendant l’heure du dîner, il y a des centaines d’étudiants qui vont être dans des gymnases en même temps, avec un taux de vaccination moins important que la population en général. Mais on ne peut pas ouvrir les restaurants avec des bulles familiales. Pourquoi ? se demande-t-il. Ce sont des questions légitimes auxquelles on doit répondre. »

« Nous devons apprendre à vivre avec un Omicron omniprésent », a pour sa part écrit jeudi sur Twitter le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc. « Même si notre système de santé est fragile, nous devons être capables, comme en Ontario, de planifier et d’annoncer la réouverture des restaurants, salles de spectacle et de sport pour les vaccinés. »

Désobéissance civile

Pendant ce temps, un mouvement de restaurateurs prend forme pour défier les règles et ouvrir le 30 janvier. Une pâtissière du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui a signifié haut et fort son ras-le-bol dans les médias a même donné accès à sa salle à manger à ses clients, jeudi et vendredi.

« Je déconseille vivement la participation à ce mouvement-là », lance M. Vézina. « Je comprends l’état d’esprit des propriétaires qui n’ont aucune prévisibilité de s’en remettre à ce geste-là. Mais il y a des conséquences pour les exploitants qui participent à ça, prévient-il. Il y a des amendes, il y a des possibilités de suspension de permis d’alcool et si les gens ont de l’aide du gouvernement provincial, dans le contrat c’est indiqué que s’il y a une infraction à la Loi sur la santé publique, la municipalité régionale de comté (MRC) qui gère le programme peut réclamer l’aide versée. »

Les salles à manger sont fermées depuis le 31 décembre.