Alors que Sobeys, la société mère d’IGA, dévoilait récemment un code de conduite pour mieux encadrer les relations parfois difficiles entre distributeurs et fournisseurs, Metro planche de son côté sur l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques, non légiféré, en collaboration avec « plusieurs maillons de la chaîne » et d’autres enseignes.

Publié le 22 avr. 2021
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

« Nous travaillons sur un projet de guide et on a interpellé d’autres parties prenantes de la chaîne », a affirmé Marie-Claude Bacon, vice-présidente affaires publiques et communications de Metro, mercredi, alors que la société annonçait ses résultats pour le deuxième trimestre de l’exercice 2021, clos le 13 mars 2021. Impossible toutefois de savoir à quel moment les grandes lignes de ce document seront révélées.

Au cours de l’été, La Presse rapportait que Walmart Canada aurait en quelque sorte refilé une partie de la facture de ses investissements de 3,5 milliards dans ses magasins et en ligne à ses fournisseurs – ceux qui approvisionnent les allées d’épicerie – en leur imposant de nouveaux « frais de développement ». D’autres enseignes auraient également fait pression sur leurs fournisseurs. L’histoire a alors suscité de vives réactions, si bien que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, et ses homologues des autres provinces travaillent présentement à l’élaboration d’un rapport qui pourrait déboucher sur une loi.

Pendant ce temps, Sobeys a décidé de rédiger un code de conduite – non légiféré – en collaboration avec Produits alimentaires, de santé et de consommation du Canada (PASC), la plus grande association de transformateurs dans le secteur de l’alimentation au pays. L’idée est de mettre fin aux « pratiques malsaines ». L’enseigne dit souhaiter que ses compétiteurs comme Loblaw (Maxi et Provigo), Walmart, Costco et Metro y adhèrent, ce qui permettrait de mettre en place un système de règlement des différends.

La rigidité de la législation en cause

Or, Metro, qui ne semble pas prêt à appuyer l’initiative de Sobeys, veut proposer autre chose. « On n’a pas appliqué des frais unilatéraux à nos fournisseurs, a tenu à dire Mme Bacon. Il y a une grande nuance entre appliquer unilatéralement et négocier avec tes fournisseurs des ententes qu’ils peuvent refuser. »

Nous sommes en faveur d’un guide de bonne pratique non légiféré qui fait largement consensus entre distributeurs et fournisseurs de toutes tailles. Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui fonctionnent très bien. Il y a certainement place à l’amélioration à certains égards.

Marie-Claude Bacon, vice-présidente affaires publiques et communications de Metro

Metro souhaite également que le projet sur lequel il travaille rallie l’ensemble de l’industrie à travers le pays.

Pourquoi l’enseigne s’oppose-t-elle à la législation ? En raison de sa rigidité, répond Marie-Claude Bacon. « Une loi, c’est difficile à faire changer. » « Exiger des accords négociés par écrit entre les détaillants et les fournisseurs » et « introduire un mécanisme d’arbitrage gouvernemental pour gérer toute plainte de pratiques déloyales en vertu du Code » comptent parmi les principes proposés par Sobeys.

« On en a pris connaissance, confirme Mme Bacon. Il y a des choses qui vont un peu loin. Mais il y a des choses qui sont très correctes aussi. On ne peut pas être contre la vertu. »

Elle a toutefois refusé d’aller plus loin dans les reproches que pourrait faire l’enseigne au document élaboré par son concurrent. Mme Bacon a par ailleurs rappelé que Metro entretenait plus de « 5000 relations d’affaires pour plus de 300 000 produits ».

« On ne prétend pas être parfaits. Je pense que de façon générale, ça semble bien se passer. »

En bref

Résultats pour le deuxième trimestre de l’exercice 2021, clos le 13 mars 2021

• Chiffre d’affaires : 4,2 milliards (+ 5 %)
• Ventes comparables des supermarchés : + 5,5 % et + 10,1 % pour les 10 premières semaines du trimestre
• Ventes comparables des pharmacies : - 0,8 %
• Bénéfice net : 188,1 millions (+ 6,8 %)
• Bénéfice net dilué par action : 0,75 $ (+ 8,7 %)
• Dépenses liées à la COVID-19 totalisant 29 millions, incluant 8 millions de cartes-cadeaux offertes aux employés de première ligne