Contrairement aux autres principales institutions financières canadiennes, la Banque Laurentienne a vu ses profits plonger au premier trimestre, alors que certains effets de son plan de transformation se font attendre.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Après la divulgation de résultats sous les attentes, le cours de l’action de la Laurentienne a temporairement touché un creux des 12 derniers mois de 36,93 $, vendredi à la Bourse de Toronto. Le titre a finalement clôturé à 38,19 $, en baisse de 8,3 %, ou 3,49 $.

Dans l’ensemble, le secteur de la finance a affiché un recul (-2,57 %) sur le parquet de Bay Street, mais le déclin de l’action de la Laurentienne était beaucoup plus prononcé.

« Ce fut un trimestre difficile au chapitre des résultats, mais il faut se rappeler qu’un trimestre ne fait pas une année », a souligné le président et chef de la direction de l’institution financière, François Desjardins, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Pour la période de trois mois terminée le 31 janvier, la Laurentienne a vu ses profits nets plonger de 20 %, à 32,2 millions, ou 68 cents par action, alors que son chiffre d’affaires a décliné de 1 %, à 238,7 millions.

Une charge de restructuration de 2,8 millions a été comptabilisée en lien avec des indemnités de départ relativement à l’élimination d’environ 350 postes, une restructuration qui avait été annoncée il y a presque un an jour pour jour.

La baisse du chiffre d’affaires s’explique essentiellement par une diminution du revenu net d’intérêt de 3,8 millions, ou 2 %, en raison d’une baisse des volumes de prêts et des dépôts ainsi que du lancement de comptes à intérêt élevé numériques.

En excluant les éléments non récurrents, le profit ajusté de l’institution financière a décliné de 17 %, à 36,9 millions, ou 79 cents par action.

Cette performance trimestrielle s’est avérée bien en deçà des attentes des analystes sondés par la firme de données financières Refinitiv, qui tablaient sur un bénéfice ajusté de 1,08 $ par action et sur des recettes de 246,3 millions.

Dans le cadre de son plan de transformation, dont certaines cibles ont été repoussées d’un an, en 2022, la Laurentienne a mis fin aux services aux comptoirs pour convertir son réseau de succursales vers les services-conseils.

« Nous nous attendons fermement à une amélioration de la performance financière au cours de la deuxième moitié de l’année ainsi qu’à une reprise de la croissance du côté de notre portefeuille de prêts », a dit M. Desjardins.

Au premier trimestre, les prêts aux clients commerciaux ont affiché une croissance de 7 %, mais un déclin de 4 % a été observé du côté des prêts effectués aux particuliers. Les sommes déposées par les clients ont aussi fléchi de 8 %.

Pour Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, il est difficile de relever des aspects positifs de la performance trimestrielle de la Laurentienne.

« Les prêts et dépôts [ont décliné] et le ratio d’efficacité étaient largement [inférieur à nos attentes] alors que les revenus ont diminué, contrairement aux dépenses », a écrit l’analyste, dans une note envoyée à ses clients par courriel.

Le ratio d’efficacité — qui exprime les frais autres que d’intérêt en pourcentage du revenu total — a été de 79,1 % au premier trimestre, comparativement à 74,8 % au trimestre précédent et de 76,2 % au premier trimestre de l’exercice précédent. Moins le ratio est élevé, plus cela signifie que la banque contrôle ses coûts.

Pour leur part, les provisions pour pertes sur créances ont totalisé 14,9 millions, en hausse de 42 %, ce que la Laurentienne a attribué aux provisions effectuées dans son portefeuille de prêts commerciaux.