Pour la deuxième fois en deux mois, Vidéotron réduit ses effectifs. L’entreprise de télécommunications appartenant à Québecor a annoncé cette semaine la suppression d’une cinquantaine de postes parmi ses employés.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

La suppression de postes aura lieu « principalement » en technologies de l’information et en développement des affaires, a indiqué Vidéotron à ses employés. L’entreprise dit avoir pris cette décision afin d’« atteindre [ses] objectifs ».

Dans une note interne aux employés, le président et chef de la direction de Vidéotron, Jean-François Pruneau, a expliqué avoir pris cette décision en raison de « l’écosystème […] complexe et très concurrentiel » des télécommunications, ainsi que de « l’environnement réglementaire difficile et incertain ». 

L’ensemble de ces facteurs nous obligent à demeurer alertes et proactifs en posant des actions maintenant pour préparer l’avenir.

Extrait de la note interne envoyée aux employés

En deux mois, Vidéotron a ainsi annoncé une centaine de licenciements ou de mises à pied, soit environ 1,5 % de son effectif total. Vidéotron avait 6578 employés au 31 décembre 2018 (date la plus récente où Québecor a rendu publique cette information, soit au moment de la publication de son rapport annuel ; le rapport annuel de 2019 n’a pas encore été publié).

À la mi-novembre, Vidéotron avait aussi procédé à une cinquantaine de mises à pied parmi ses employés. L’entreprise avait alors notamment invoqué comme raison une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui forçait les grands fournisseurs internet (qui sont propriétaires de leurs réseaux) à réduire le prix demandé aux petits fournisseurs indépendants pour utiliser leurs réseaux. La décision du CRTC a toutefois été suspendue en septembre dernier par la Cour d’appel fédérale, qui doit entendre la contestation judiciaire d’une dizaine de grands fournisseurs internet, dont Vidéotron. Si la décision du CRTC était maintenue, Vidéotron estime les pertes rétroactives de cette décision à environ 50 millions de dollars.

Profil de l’entreprise

Vidéotron a généré des profits (BAIIA ajusté) de 1,34 milliard sur des revenus de 2,57 milliards durant les neuf premiers mois de l’année 2019. Il s’agit d’une marge de profit de 52 %.

Chez Vidéotron, les coûts liés au personnel et aux employés sont évalués à environ 292 millions pour les neuf premiers mois de l’année 2019. En clair, les employés représentent des coûts qui équivalent à 11 % des revenus totaux et 24 % des dépenses totales de Vidéotron pendant cette période.

Environ 57 % des employés de Vidéotron sont syndiqués. Leur convention collective est échue depuis presque un an, selon le syndicat. « Ça fait presque un an qu’on se parle, les négociations vont relativement bien. C’est sûr que l’arrivée des nouvelles technologies et la transformation qu’on va vivre dans les prochaines années nous préoccupent », dit Nick Mingione, président du Syndicat des employés de Vidéotron.

Vidéotron n’a pas rappelé La Presse jeudi.