(Montréal) Alimentation Couche-Tard souhaite que ses dépanneurs et stations-service offrent la possibilité de recharger des véhicules électriques et la multinationale a notamment l’intention de miser sur le Québec pour déployer son réseau.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

La chaîne québécoise estime que le savoir-faire acquis en Norvège, la capitale mondiale du véhicule électrique par habitant, où elle est présente depuis 2012, pourra l’aider à élaborer sa stratégie pour le marché nord-américain.

« Nous poursuivons nos préparatifs pour offrir des bornes à court terme dans nos principaux marchés où il y a des véhicules électriques, et le Québec et la Californie risquent d’être nos points de départ », a expliqué mercredi le président et chef de la direction de Couche-Tard, Brian Hannasch, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Celui-ci n’a toutefois pas offert d’échéancier ainsi que de précisions entourant les emplacements ainsi que le nombre de bornes qui seront installées. Dans un courriel envoyé en fin d’après-midi, mercredi, l’entreprise établie à Laval a indiqué qu’elle n’avait rien d’autre à ajouter pour le moment.

Selon les plus récentes données de l’Association des véhicules électriques du Québec, on dénombre environ 82 000 voitures électriques dans la province, ce qui constitue plus de la moitié du parc à l’échelle nationale. Dans un plan présenté la semaine dernière, le gouvernement Legault a annoncé vouloir que la vente de nouveaux véhicules à essence soit interdite dès 2035.

« Couche-Tard dispose actuellement de plus de 500 bornes dans ses stations-service en Norvège, en plus de 2700 autres dans des maisons et bureaux », a souligné l’analyste Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, dans une note envoyée à ses clients, à propos du réseau de la société en territoire européen.

En tenant compte de ses contrats de licence partout dans le monde, Couche-Tard comptait plus de 14 200 magasins à la fin du deuxième trimestre. En Amérique du Nord, elle exploite 9261 magasins, dont 8085 avec une station-service. Couche-Tard est présente dans 48 États au sud de la frontière.

Mais si elle compte déployer un réseau de bornes de recharge dans le marché nord-américain, la multinationale continuera néanmoins de miser sur les ventes de carburant. La pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif sur les volumes de vente en raison des restrictions entourant les déplacements, mais M. Hannasch a dit s’attendre à retrouver des niveaux plus « normaux » d’ici six à neuf mois, lorsqu’un vaccin efficace devrait être disponible.

L’an dernier, les ventes de carburant ont représenté près de 70 % du chiffre d’affaires de Couche-Tard.

Au deuxième trimestre terminé le 11 octobre, Couche-Tard a engrangé des profits nets de 757 millions US, ou 68 cents US par action, en hausse de 30,8 % par rapport à la même période l’an dernier.

Son chiffre d’affaires a toutefois décliné de 22,1 %, à 10,7 milliards US, une performance que l’entreprise a attribuée à la baisse du prix moyen de l’essence, à l’incidence négative de la crise sanitaire sur la demande de carburant et à la cession de ses intérêts dans CrossAmerica Partners.

Les recettes tirées des ventes de carburant ont fléchi de 31,5 % à 6,8 milliards US.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté de la chaîne de dépanneurs et de stations-service s’est établi à 735 millions US, soit 66 cents US par action, par rapport à 569 millions US, ou 50 cents US par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

Les analystes anticipaient un profit ajusté de 51 cents US par action sur un chiffre d’affaires de 11,2 milliards US, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

À la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de catégorie B de Couche-Tard a clôturé à 42,97 %, en recul de 8 cents, ou 0,2 %