Le Groupe Aldo, qui exploite 725 boutiques dans 5 pays, se prépare à en fermer près de la moitié (45 %) dans le cadre de sa restructuration. L’entreprise montréalaise a par ailleurs annoncé aujourd’hui à 270 de ses employés du siège social qu’ils perdaient leur travail.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

En entrevue vidéo avec La Presse, le PDG David Bensadoun a raconté que la journée était « très difficile », car il devait annoncer de mauvaises nouvelles à ses troupes.

« Nous avons 1150 personnes à notre bureau chef à Montréal. Et lundi, nous allons en avoir 850. Alors c’est un impact énorme. »

Plusieurs rencontres virtuelles, par petits groupes, ont été organisées au cours de l’après-midi pour expliquer aux troupes la vision d’Aldo pour l’avenir et les raisons pour lesquelles le détaillant s’est placé à l’abri de ses créanciers.

Jeudi, Aldo a eu recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) au Canada et à des lois similaires ailleurs dans le monde. L’entreprise fondée en 1972 a accumulé une dette de près de 300 millions et perd de l’argent depuis « des années », selon un rapport officiel.

>> Relisez notre texte Aldo croule sous des dettes de 287 millions

Aldo prévoit, dans les prochaines semaines, passer de 725 à 400 magasins. Le détaillant est présent au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en France. Ailleurs dans le monde, les magasins Aldo sont exploités par des franchisés qui « ne sont pas touchés par la restructuration ».

« Le plus grand nombre de magasins que nous ayons eu c’est 950, il y a 8 ans », a précisé M. Bensadoun.

La popularité des achats en ligne, qui provoque une baisse d’achalandage dans les centres commerciaux, rend de plus en plus difficile la rentabilité des magasins. En se protégeant de ses créanciers, Aldo pourra mettre un terme à des centaines de baux au moment même où ses magasins sont fermés de force à cause de la pandémie.