Annoncé en 2016, le grand projet de station thermale à Saint-Bruno-de-Montarville du Groupe SKYSPA devrait ouvrir ses portes à l’automne. Baptisée Förena, cette station s’ajoutera à une offre de spas déjà bien présente sur la Rive-Sud (Strøm spa nordique à Mont-Saint-Hilaire et à L’Île-des-Sœurs, SKYSPA à Brossard, Di Oro à Sainte-Julie) et dans le Vieux-Montréal (Bota Bota, Scandinave). 

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

« Il y a de plus en plus d’adeptes et ils sont majoritairement dans la grande région de Montréal, explique Patrick Rake, président du Groupe SKYSPA. Graduellement, ils délaissent les loisirs du genre cinéma pour le spa. On est confiants que chaque enseigne aura sa clientèle. La qualité de l’offre va faire la différence. » 

À ses dires, Förena est le spa le plus « complexe » qu’il a conçu. « À titre de comparaison, pour celui de Magog, ouvert en 2004, j’ai fait les plans ! Par ailleurs, celui de Saint-Bruno est beaucoup plus grand que celui de Brossard. Et à Saint-Bruno, on veut une expérience vraiment immersive. » 

L’Association québécoise des spas (AQS) confirme une croissance continue du nombre de spas depuis une décennie, « particulièrement de nouveaux établissements de spas de type nordique (avec bassins intérieurs/extérieurs et une offre de circuit de thermothérapie et ses déclinaisons) tant en milieu urbain que rural et dans toutes les régions du Québec ». 

Les spas de la région ont tous une offre unique et distinctive dans un environnement constamment en évolution, donc leur proximité ne leur nuit pas.

Anne-Marie Brochu-Girard, directrice générale de l’AQS

Il y a désormais 3 millions de visiteurs par an dans les spas de la province, selon l’AQS. Et ceux-ci s’y détendent en moyenne quatre heures par visite. Pour la première année de Förena, Patrick Rake s’attend à accueillir de 75 000 à 100 000 adeptes de détente.

Sa « cité thermale » devrait ouvrir ses portes en novembre, si le promoteur ne fait pas trop les frais de la conjoncture dans le milieu de la construction : nombre élevé de projets en cours, problèmes de pénurie de main-d’œuvre… « On paye pour, avoue Patrick Rake, qui évoque un délai possible pour l’ouverture. Les coûts de construction sont 30 % plus chers que l’an dernier, car la demande est extrêmement forte auprès des constructeurs. » 

De la place pour l’imagination

Aménagée sur un terrain de 180 000 pieds carrés, Förena comptera, dans un premier temps, des bâtiments et des aménagements qui offriront des expériences thermales complètes inspirées de l’Islande, de l’Allemagne et de la Russie. Elle se trouve adossée, d’un côté, au parc national du Mont-Saint-Bruno et, de l’autre, à un quartier résidentiel. « Le canevas était vierge, raconte Patrick Rake. Il n’y avait pas d’arbres ni de lacs. C’était un terrain en friche. Il y avait de la place pour l’imagination. On construit notre histoire à partir de zéro. » 

D’une valeur de 5,6 millions de dollars, le terrain qui bénéficiait précédemment d’un zonage résidentiel a été cédé par la Ville de Saint-Bruno (grâce à la signature d’un bail emphytéotique). Aménagée principalement par la firme d’architectes paysagers Projet Paysage, la première phase est estimée à 12,5 millions de dollars. Une fois ouvert, le spa fera travailler 100 personnes. 

Annoncés précédemment, un hôtel de 60 chambres, un club familial et d’autres pavillons seront érigés en temps et lieu sur une aire totale de 650 000 pieds carrés. « On veut d’abord ouvrir et voir où seront les besoins dans les 12 premiers mois, confie Patrick Rake. Aura-t-on besoin de plus de vestiaires, de cases de stationnement ? L’orientation de l’achalandage va nous dicter où on ira. Les associés et financiers se sont sentis plus confortables qu’on opère de cette façon. »