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SNC-Lavalin garde la confiance des analystes

La plupart des analystes qui suivent SNC-Lavalin ont... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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La plupart des analystes qui suivent SNC-Lavalin ont abaissé leur cours cible pour l'action, en exprimant au passage certaines préoccupations, sans toutefois modifier leur recommandation sur l'action.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

JULIEN ARSENAULT
La Presse Canadienne
Montréal

Au lendemain d'une journée difficile où SNC-Lavalin a reçu une gifle de la part des procureurs fédéraux alors qu'elle tente de mettre de côté les accusations criminelles qui pèsent sur elle depuis 2015, la firme d'ingénierie conservait jeudi la confiance des analystes.

Certains ont même estimé que la dégringolade de l'action survenue mercredi à la Bourse de Toronto pourrait représenter une occasion intéressante pour les investisseurs patients.

Pour l'instant, SNC-Lavalin ne pourra négocier avec Service des poursuites pénales du Canada (DSPPC) afin d'obtenir un accord de réparation, ce qui est possible depuis peu grâce à une loi fédérale. Ces ententes prévoient généralement le paiement d'une amende et une série de conditions à respecter en échange d'un abandon des procédures judiciaires.

Cette nouvelle a fait plonger l'action de la multinationale, qui a abandonné mercredi 6,99 $, ou 13,48 %, pour clôturer à 44,86 $. Le titre n'avait pas terminé sous la barre des 45 $ depuis le début de 2016.

« Bien que nous considérions cet élément comme étant négatif, nous croyons que la réaction du marché a été exagérée à ce niveau », a observé l'analyste Mona Nazir, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, dans une note, rappelant qu'environ 70 % du chiffre d'affaires de SNC-Lavalin était généré à l'extérieur du Canada.

La séance de jeudi s'est avérée plus stable, puisque l'action n'a retraité que de 50 cents, ou 1,11 %, clôturant à 44,36 $.

À long terme ?

Pour le moment, la plupart des analystes assurant le suivi de SNC-Lavalin ont abaissé leur cours cible pour l'action, en exprimant au passage certaines préoccupations, sans toutefois modifier leur recommandation sur le titre.

« Malgré cet écueil et l'incertitude provoquée pour les parties prenantes liées à SNC-Lavalin, nous continuons de croire que la société s'entendra avec le DSPPC et que les investisseurs patients seront récompensés », a écrit dans un rapport Frederic Bastien, de Raymond James.

À son avis, il est possible que le gouvernement fédéral n'ait pas envie de régler le dossier aussi rapidement alors que la loi permettant de conclure les accords de réparation n'est en vigueur que depuis la mi-septembre.

De son côté, Chris Murray, d'Altacorp Capital, a retenu que les procureurs fédéraux n'allaient pas négocier avec SNC-Lavalin « pour l'instant », ce qui, de l'avis de l'analyste, constitue un élément important.

« Nous nous demandons si cela fait partie d'une stratégie dans laquelle le DSPPC tente d'avoir plus d'influence dans la négociation, pour signaler son indépendance ou pour prendre plus de temps afin d'évaluer une nouvelle politique récemment entrée en vigueur », a-t-il estimé, dans une note envoyée à ses clients.

De son côté, Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a réitéré sa recommandation d'achat, estimant que l'évaluation actuelle du titre de SNC-Lavalin était trop attrayante pour être ignorée.

Sanctions possibles

Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la firme aurait versé 47,7 millions à des titulaires de charges publiques en Libye dans le but d'influencer les décisions gouvernementales. De plus, deux divisions auraient privé diverses organisations locales d'environ 129,8 millions.

La multinationale, qui dit n'avoir rien à se reprocher, a plaidé non coupable. Le dossier doit revenir devant le tribunal le 29 octobre.

Entre-temps, grâce à un accord intervenu en 2015 avec le gouvernement Trudeau, la firme d'ingénierie peut néanmoins continuer à soumissionner sur des contrats fédéraux jusqu'à la conclusion des procédures judiciaires.

Toutefois, si SNC-Lavalin était reconnue coupable, elle pourrait être écartée des appels d'offres fédéraux pour une période pouvant s'étirer jusqu'à 10 ans.

Si ce scénario devait concrétiser, Jacob Bout, de CIBC Marchés mondiaux, a estimé qu'il serait possible pour la firme québécoise de soumissionner par l'entremise de filiales établies à l'extérieur, comme Atkins, dont le siège social se trouve au Royaume-Uni.

L'analyste reconnaît toutefois qu'il est difficile de confirmer cette possibilité, étant donné que la société mère fait face à des accusations.




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