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De grandes ambitions québécoises pour Ubisoft

Yannis Mallat, PDG d'Ubisoft Canada... (Photo François Roy, La Presse)

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Yannis Mallat, PDG d'Ubisoft Canada

Photo François Roy, La Presse

Jean-Philippe Décarie
La Presse

Vous présentez aujourd'hui à Montréal votre stratégie 2025 et vos attentes pour les studios canadiens d'Ubisoft qui apparaissent pour le moins ambitieuses alors que vous prévoyez multiplier par 10 le nombre de joueurs actifs chaque mois sur vos jeux. Quelles sont les transformations qui peuvent induire une telle croissance ?

On traverse une nouvelle et importante étape de notre développement que nous vivons depuis le lancement du jeu Rainbow Six, en 2015. Traditionnellement, nos jeux enregistrent une courbe de croissance en cloche, avec de fortes ventes dans les semaines suivant leur lancement qui redescendent tout aussi rapidement.

Depuis son lancement en 2015, le jeu Rainbow a connu un bon départ, mais affiche une courbe atypique puisqu'il continue d'attirer toujours plus de participants.

On est passés d'une stratégie de produits à une stratégie de services en créant un jeu de rétention longue qui évolue avec le temps. Rainbow Six avait, au départ, une douzaine de personnages, et ce nombre augmente à chaque saison alors qu'on en rajoute des nouveaux avec de nouvelles compétences. On est rendus à 40 personnages, et ce nombre pourrait atteindre la centaine.

Ce changement fait en sorte que les centaines de personnes qui travaillent à l'étage où on se trouve présentement [dans le studio montréalais du boulevard Saint-Laurent] sont toutes là pour soutenir Rainbow Six et le faire évoluer.

Au total, les jeux produits dans nos studios canadiens attirent en moyenne 20 millions de joueurs chaque mois et notre ambition est d'attirer 200 millions de joueurs mensuels d'ici 2025.

Comment comptez-vous arriver à un tel objectif ? Par la seule multiplication du nombre de jeux de longue rétention ?

Non, c'est le marché qui est en train de changer. Le streaming a changé nos façons de nous divertir. Netflix en est la plus belle illustration. Or le streaming ne pouvait pas s'appliquer pour les jeux vidéo parce que le cheminement du joueur est imprévisible.

Mais Google s'est associé à Ubisoft Montréal pour développer le premier test de streaming pour les jeux vidéo. Avec le lancement, il y a trois semaines, d'Assassin's Creed, on vient de produire le premier jeu vidéo au monde en streaming. Ça s'est fait à Montréal.

On a dématérialisé le jeu sur console et on va profiter de la démocratisation générée par le développement des jeux pour mobiles. Les 2 milliards d'usagers potentiels de jeux mobiles qui vont vouloir approfondir leur expérience ludique vont facilement pouvoir réaliser la transition sur ordinateur. Il suffira maintenant d'avoir un ordi, une connexion internet et une manette pour jouer à des jeux comme Rainbow Six ou Assassin's Creed.

Ubisoft a aussi un partenaire chinois, Tencent, qui est devenu actionnaire de l'entreprise et qui supporte nos plateformes de jeux en Chine. Tencent, c'est Amazon, Google, Facebook et les jeux vidéo réunis en une seule entité. C'est 500 millions d'usagers.

De quelle façon ces nouveaux développements vont-ils profiter aux entreprises québécoises du secteur qui gravitent autour d'Ubisoft ?

Rassembler 200 millions de joueurs par mois, cela représente un auditoire incroyable et des possibilités pour une quantité importante d'entreprises québécoises de monétiser cet auditoire.

Deux cent millions de joueurs, c'est l'équivalent de deux Super Bowl par mois qui seront générés à partir de Montréal. Il y des plateformes, comme Twitch, qui attirent des centaines de millions de spectateurs par mois qui regardent le déroulement de parties de jeux vidéo en direct.

Ubisoft est déjà associée à 85 PME québécoises technocréatives et à plus de 300 PME de tous les secteurs. Il y a un grand potentiel pour créer une nouvelle grappe de développement et un écosystème technologique autour de cet achalandage.

Est-ce qu'Ubisoft dévoile cette nouvelle stratégie pour faire taire les critiques qui se font plus nombreuses et plus audibles de la part de nombreuses entreprises du secteur des technologies de l'information qui veulent l'abolition des crédits d'impôt dont vous avez abondamment profité depuis votre implantation en 1997 ?

Écoutez, je ne veux pas aller dans la division. Les crédits d'impôt au multimédia ont permis à une industrie d'exister au Québec, et c'est un modèle qui a été copié partout dans le monde.

En Grande-Bretagne, ils ont décidé d'abolir les crédits d'impôt et ils ont perdu cette industrie. En France, ils ont aboli pour les réintroduire.

En 20 ans, Ubisoft a créé 4000 emplois de pointe dans le secteur, dont 3500 à Montréal, 500 à Québec et une quarantaine dans un nouveau studio à Saguenay.

En 20 ans, on a aussi formé 8000 personnes additionnelles qui travaillent aujourd'hui ailleurs dans l'industrie grâce à leur passage chez nous. On a aussi créé la première chaire de recherche en intelligence artificielle en 2011 avec le professeur [Yoshua] Bengio.

En 20 ans, Ubisoft a investi 4,5 milliards au Québec, et c'est 5 milliards d'investissements que Ubisoft va faire d'ici 2027 au Québec.

Je comprends que vous vous engagez aussi à mettre sur pied de nouvelles initiatives pour renforcer ce que vous appelez l'écosystème technocréatif québécois. Quelles sont-elles ?

On s'engage à poursuivre notre effort dans le domaine de l'éducation via notre plateforme Ubisoft-Éducation qui rejoint chaque année 5000 jeunes du secondaire et du post-secondaire en leur donnant accès à notre savoir-faire. On veut élargir notre portée chez les élèves du primaire en favorisant le développement de la pensée computationnelle.

Même chose dans le domaine de la recherche et du développement, où on veut poursuivre les échanges que l'on entretient avec les centres de recherche et les universités. On a lancé il y a quatre ans Ubisoft La Forge et on a 22 projets de recherche en cours.

Enfin, on veut intensifier nos interventions pour favoriser l'entrepreneuriat dans le domaine technologique, notamment en accompagnant les start-up du secteur. On souhaite vraiment que tout le monde travaille ensemble à renforcer l'écosystème technologique unique au monde que le Québec a mis en place.




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