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Martin Couture, PDG de Sanimax: 75 ans de recyclage et de croissance

Le PDG de Sanimax, Martin Couture, résume en trois... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Le PDG de Sanimax, Martin Couture, résume en trois mots ce qu'accomplit chaque jour l'entreprise: «On récupère, on renouvelle et on retourne.»

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Méconnue du grand public, Sanimax est l'une de ces grandes PME québécoises qui passent sous le radar. Un statut et un profil qui convenaient parfaitement à son président Martin Couture qui fait partie de la troisième génération à orchestrer le développement de cette entreprise familiale.

«On célèbre cette année notre 75e anniversaire et beaucoup de nos clients m'ont signalé que cela mériterait d'être souligné», m'explique le PDG dans ses bureaux de l'usine Sanimax de Rivière-des-Prairies.

L'entreprise de la famille Couture fait la récupération de sous-produits agroalimentaires. Elle exploite 15 usines au Canada et aux États-Unis où l'on procède à l'équarrissage des carcasses d'animaux, au recyclage du sang.

On y transforme des peaux en cuir, des plumes de poulet en nutriments pour volailles et enfin les huiles de cuisson usées en biodiésel.

Son PDG résume en trois mots ce qu'accomplit chaque jour l'entreprise: «On récupère, on renouvelle et on retourne.» Sanimax joue en fait un rôle important dans la préservation de l'équilibre environnemental.

Chaque jour, les camions de Sanimax parcourent 40 000 km pour aller chercher des carcasses d'animaux dans les abattoirs ou directement à la ferme pour les transformer dans ses installations.

Tout est recyclé. Les carcasses servent à faire de la moulée. Les liquides, les abats et les gras sont transformés pour servir à la fabrication de savons.

Les camions procèdent aussi au ramassage des huiles de cuisson usées dans pas moins de 25 000 établissements en Amérique du Nord.

Chaque année, Sanimax récupère quelque 2 milliards de kilos de sous-produits alimentaires qui sont réintroduits sur le marché plutôt que de se retrouver dans des sites d'enfouissement.

«À l'usine de Montréal, on recycle par exemple plus de 800 tonnes de plumes de volailles par année. Elles sont transformées en poudre qui sert à alimenter ces mêmes volailles. On récupère vraiment 100% des résidus qui sortent des abattoirs», précise Martin Couture.

Alex Couture

C'est son grand-père, Alex Couture, qui a eu l'idée de se lancer dans l'équarrissage, en 1939, en construisant une usine dans le quartier Saint-Malo de Québec, à proximité des abattoirs de la ville.

«Avec le déclenchement de la guerre, l'usine a profité de la forte demande pour la production de la glycérine qui servait à fabriquer les bombes. Mon grand-père a par la suite décidé d'ouvrir des meuneries et des fermes expérimentales où il pouvait tester ses nouvelles moulées», raconte Martin Couture.

Dans les années 70, c'est son père Murray Couture qui donne le ton à la deuxième vague d'expansion de l'entreprise Alex Couture. Il a consolidé le marché québécois en acquérant tous les petits ateliers d'équarrissage situés à l'est de Trois-Rivières et déménage l'usine à Lévis dans des installations ultra-modernes.

«On a réalisé à cette époque l'acquisition de l'usine Lomex de Rivière-des-Prairies et ça nous a permis de doubler de taille et d'occuper 85% du marché québécois», rappelle Martin Couture.

Dans les années 90, l'entreprise Alex Couture devient Sanimax et conduit son expansion hors Québec avec l'acquisition d'une usine à Toronto et d'une société de courtage en produits bioalimentaires à Guelph.

Le groupe fait aussi une percée aux États-Unis et achète deux usines aux États-Unis, au Wisconsin et dans le Minnesota. En 2006, un an après son acquisition au Wisconsin, Sanimax construit une nouvelle usine de production de biodiésel.

La raffinerie est alimentée exclusivement en huile de cuisson usée et en résidus de maïs et elle produit annuellement quelque 17 millions de gallons de biocarburant.

Une occasion ratée

Aujourd'hui, Sanimax réalise un chiffre d'affaires de 600 millions et compte quelque 1000 employés dans ses installations canadiennes, américaines et aussi au Mexique, où elle a des opérations de recyclage de peaux d'animaux.

Le groupe québécois a tenté de frapper un grand coup l'an dernier lorsque le groupe Mapple Leaf a décidé de vendre ses six usines d'équarrissage au Québec (à Sainte-Catherine), en Ontario, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse.

«Maple Leaf voulait réaliser une transaction rapide et notre proposition aurait dû suivre le processus de vérification du Bureau de la concurrence. Ils ont donc décidé de vendre à l'entreprise américaine Darling International.

«Ils se sont servis de nous pour faire augmenter les enchères. Darling a payé 640 millions pour ces usines», évalue Martin Couture.

Le PDG de troisième génération est en poste depuis 2008 et il veut poursuivre l'expansion internationale du groupe. Il vise les marchés américain, brésilien et celui du sud de l'Europe où les occasions d'affaires sont les plus intéressantes.

«On a mis en place une structure d'entreprise avec un conseil d'administration, un service juridique, une trésorerie... et on souhaite rentabiliser cette structure en grossissant.

«Pour le financement du projet d'acquisition de Maple Leaf, on avait envisagé d'ouvrir une partie de notre capital à un fonds de pension. C'était réalisable», souligne Martine Couture.

Son frère André est président du conseil et sa soeur Julie y siège également. Ils sont les trois seuls propriétaires de l'entreprise familiale et déjà, ils préparent la relève au sein de leurs neuf enfants.

Dans le passé, les usines de Sanimax à Lévis et Rivière-des-Prairies ont fait l'objet de plaintes de résidants qui n'appréciaient pas les odeurs qui émanaient d'elles. Avec le temps, Sanimax a multiplié les initiatives pour corriger la situation.

«Mais dans les faits, nos usines de Lévis et de Rivière-des-Prairies ont été construites en plein champ, dans des zones industrielles éloignées des résidences. Au fil des ans, les municipalités ont sans cesse grugé la zone industrielle pour permettre la construction de maisons. Ce n'était pas de la grande planification», déplore Martin Couture.

Au moment de notre rencontre, mercredi matin, Martin Couture s'activait pour trouver des billets pour assister le soir même au septième match de la série Canadiens-Bruins, à Boston.

«J'étais à Pittsburgh lorsque le Canadien a remporté le septième match en 2010. Je me sens obligé d'y aller», m'a-t-il confié en riant. Après la victoire du CH, Martin Couture m'a confirmé que dorénavant, il ne pourrait plus jamais manquer un septième match à l'étranger. Je suis totalement d'accord avec lui.




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