(Montréal) Le maire de New York, Bill de Blasio, avait une bonne nouvelle pour Hydro-Québec, lundi. La Ville est prête à relancer des discussions qui pourraient mener à un contrat d’approvisionnement ferme de plus de cinq térawattheures (TWh).

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

M. de Blasio a profité du Jour de la Terre pour annoncer une série de mesures à saveur environnementale. Parmi elles : une réduction de 5 % des émissions de gaz à effet de serre provenant des opérations municipales en s’approvisionnant à 100 % en énergie propre, « dont l’hydroélectricité canadienne », écrit la Ville dans son communiqué.

Hydro-Québec discute depuis déjà longtemps, de manière plus ou moins formelle, de la possibilité d’une telle entente. L’annonce de lundi marque toutefois le coup d’envoi de négociations en bonne et due forme.

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Bill de Blasio

« C’est extrêmement positif, et on s’en réjouit », a commenté lundi une porte-parole de la société d’État, Lynn St-Laurent.

La Ville de New York aurait l’intention d’accaparer les deux tiers de la capacité d’environ huit térawattheures d’une nouvelle interconnexion la reliant à la frontière canado-américaine. Cette ligne, nommée Champlain Hudson Power Express (CHPE), est prête à être construite. Son promoteur, Transmission Developers Inc. (TDI), dispose déjà de toutes les autorisations nécessaires.

La signature d’une entente à long terme entre Hydro-Québec et la Ville de New York donnerait à TDI les garanties financières nécessaires pour amorcer la construction. Il resterait à Hydro-Québec à bâtir la portion québécoise de la connexion. Un tel projet avait déjà été mis sur pied il y a une demi-douzaine d’années. Les études devront toutefois être mises à jour pour tenir compte de l’évolution du milieu, a reconnu Mme St-Laurent.

Plus de 300 millions par an

La dernière entente d’approvisionnement à long terme de fort volume signée par Hydro-Québec aux États-Unis, avec l’État du Massachusetts, visait environ 9,45 TWh. Elle prévoyait un prix de 4,8 ¢ US par kilowattheure, avec indexation annuelle, pour l’énergie elle-même, frais de transport exclus.

Si Hydro-Québec obtenait un prix comparable à New York, où la Ville pourrait demander environ 5,25 TWh — les deux tiers de la capacité de 8 TWh de l’interconnexion —, elle pourrait en tirer des revenus annuels de plus de 250 millions US (335 millions CAN).

Le premier ministre François Legault s’est réjoui lundi, via Twitter, de l’annonce du maire Blasio.

« Wow ! Le maire de New York annonce la relance des négociations avec Hydro-Québec, s’est réjoui M. Legault. Hydro-Québec peut devenir la batterie verte du nord-est de l’Amérique. »

« On voit vraiment une mouvance vers des gestes concrets pour lutter contre les changements climatiques, et l’énergie d’Hydro-Québec est vue comme une solution », a pour sa part constaté Mme St-Laurent.