(Paris) Chez Tesla comme chez Volvo, la production d’automobiles est perturbée par les attaques contre les cargos en mer Rouge,  qui ralentissent l’acheminement de pièces détachées asiatiques dans les usines européennes.

Tesla a été le premier constructeur à annoncer dans la nuit de jeudi à vendredi que sa production serait suspendue pendant deux semaines dans son usine européenne, entre le 29 janvier et le 11 février.  

Implantée près de Berlin, l’usine de Grünheide produit le Model Y, le VUS roi des ventes d’électriques sur le continent.

L’usine de Volvo à Gand (Belgique) va également être fermée pendant trois jours durant la semaine du 15 janvier faute de boîtes de vitesses, dont la livraison a pris du retard à cause de « réajustements dans les voies maritimes », a indiqué le constructeur sino-suédois vendredi à l’AFP. L’usine produit notamment le VUS XC40 ainsi que l’électrique C40.

Les attaques contre les navires de transport se sont multipliées au cours des dernières semaines entre l’Afrique et le Yémen, près du détroit qui donne accès à la mer Rouge depuis l’Asie.  

Depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza, la multiplication des attaques a poussé certains armateurs à contourner la zone.

Les rebelles houthis, qui se disent solidaires du Hamas, ont prévenu qu’ils viseraient des navires naviguant au large des côtes du Yémen ayant des liens avec Israël.

Pour éviter les risques d’attaque, les porte-conteneurs doivent emprunter un itinéraire alternatif autour du cap sud-africain de Bonne-Espérance, beaucoup plus long et coûteux. Le voyage entre l’Asie et l’Europe est rallongé de 10 à 20 jours.

« L’allongement considérable des temps de transport crée un vide dans les chaînes d’approvisionnement », écrit Tesla dans un communiqué transmis à l’AFP dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Les conflits armés en mer Rouge et le déplacement des routes de transport entre l’Europe et l’Asie via le Cap de Bonne-Espérance ont également des répercussions sur la production à Grünheide », explique le constructeur américain.

La production reprendra dans son intégralité à partir du 12 février, assure Tesla.

Par avion

Le groupe Stellantis (Peugeot, Fiat, Opel), deuxième producteur européen, n’a relevé quant à lui « presque aucun impact sur sa production ».  Mais il a indiqué avoir pris des mesures exceptionnelles pour éviter les arrêts de production, en envoyant certaines pièces stratégiques par avion depuis l’Asie.

Tous les constructeurs ne sont pas touchés pour le moment : Toyota France a indiqué que la situation restait « fluide » dans son usine de Valenciennes (Nord de la France) tout comme Hyundai dans son usine tchèque de Nosovice.

Mais l’usine Renault de Cléon, dans le nord-ouest de la France, a suspendu l’assemblage de moteurs pendant deux demi-journées cette semaine.  

Cette pause a d’abord été attribuée dans un message interne aux attaques en mer Rouge, mais Renault a assuré vendredi qu’elle était en fait due à un problème d’approvisionnement plus classique avec un fournisseur.

Tous constructeurs confondus, de nombreuses pièces nécessaires à l’assemblage des voitures sont importées d’Asie et notamment de Chine, premier marché mondial de l’automobile et premier producteur du secteur.

L’approvisionnement du secteur automobile avait déjà été profondément secoué par la pandémie de COVID-19, suivie d’une pénurie de puces électroniques, qui ont provoqué des semaines entières de fermeture entre 2020 et 2022.