Les chroniques de Marie-Eve Fournier sur les pourboires ont fait réagir beaucoup de nos lecteurs. Nous avons retenu quelques-uns de leurs commentaires.

Publié le 15 juillet

« Encore plus aberrant, le pourboire est calculé automatiquement sur les taxes. Donc, lorsqu’on choisit 15 %, en fait, on donne 17,25 %… Ça, c’est du vol déguisé ! Donc, tant que ce sera en vigueur de cette façon, je donnerai 10 % et jamais ailleurs qu’aux endroits où l’on en donne depuis toujours : resto, coiffeur, livreur… »

Francis Vallée

« Je ne serai jamais d’accord avec l’idée d’inclure les pourboires dans un prix à l’avance. L’idée était au départ de remercier de façon plus appuyée un service de restauration qui a rendu mémorable votre soirée, votre repas. Est-ce un trait de culture québécois d’être gêné de dire non à un service de pourboire non mérité ? J’ai moi-même ressenti des malaises dans certains cas et je me suis ressaisi rapidement devant la folie des pourboires. Déjà, au restaurant, il y a des incongruités sur la façon d’appliquer le pourboire. Deux exemples flagrants. 1. La bouteille de vin à 65 $ et 200 $. Pourquoi mon pourboire doit-il être appliqué sur le prix de la bouteille ? N’est-ce pas le service qui prime ? Est-ce que le serveur servira mieux une 400 $ qu’une 65 $ ? Ce n’était pas l’esprit de départ. Sachez que ladite bouteille contient au minimum 35 % de taxes avant la taxe sur votre facture. Donc, revenons vers le service. 2. Pourquoi le gouvernement ne légifère-t-il pas sur la forme des factures pour aider nos touristes et nous-mêmes à ne pas payer de pourboire sur les taxes ? Quand je le fais, on me dit : monsieur, c’est minimum 15 % le pourboire. Je dois me défendre de ce malaise en disant que j’ai retiré les taxes et que j’aimerais bien retirer celles de la bouteille aussi si le montant était connu. »

Jean Lefebvre

« Pour moi, c’est simple : à terme, il faut les abolir complètement. Que les commerces augmentent les prix et redistribuent aux employés, et voilà. Les taxes devraient elles aussi être incluses dans les prix. Il ne peut pas y avoir un décalage de 30-40 % entre le prix affiché et le prix réel. Au Japon, où j’ai habité pendant plus de cinq ans, on paie exactement le prix affiché. Ça me manque beaucoup… »

Etienne Lehoux-Jobin

« J’ai toujours trouvé très injuste l’usage des pourboires. Je suis vendeuse de vêtements sans commission et je passe souvent des heures à conseiller la cliente pour créer une garde-robe efficace pour travailler ou voyager. Je lui fais économiser du temps et de l’argent, mais je n’ai jamais reçu un sou de pourboire, alors que les vendeuses commencent au salaire minimum. Souvent, après une heure à essayer en laissant parfois les vêtements sur le sol, elles partent dix minutes après la fermeture en nous disant qu’elles avaient du temps en attendant une amie… et nous devons tout ranger sans heures supplémentaires. Mais je dois donner un bon pourboire à la coiffeuse, celle qui lave les cheveux, pour me faire faire les ongles, l’esthéticienne, etc. »

M. V.

« Ça n’a plus de sens. Si, comme les restaurateurs, je devais offrir des pourboires à mes employés de bureau chaque fois qu’ils font une tâche pour un client afin qu’ils n’aillent pas travailler ailleurs… Tout ça ne tient pas la route ! Quitte à paraître pingre en rendant mon terminal à 0 chez Mamie Clafoutis ou au comptoir éphémère Ladurée chez Holt Renfrew à Vancouver, je donne 0. Franchement, ça m’insulte qu’on me demande un pourboire (qui commence à 18 %, de plus en plus) pour mettre un macaron ou un croissant dans un sac. Je donne avec plaisir aux itinérants, mais ceux qui font l’aumône à une caisse, non merci. »

Manon D.